Ingrid Betancourt © TF1/LCICinq ans déjà. Le 23 février 2002, Ingrid Betancourt était enlevée par les FARC pendant la campagne présidentielle où elle se présentait comme candidate des Verts colombiens. Les Forces armées révolutionnaires de Colombie, première guérilla du pays avec 17.000 hommes, réclament la libération de 500 de leurs hommes détenus par le gouvernement en échange de celle de 57 otages, personnalités politiques et militaires, dont trois Américains... et Ingrid Betancourt. Mais malgré tous les appels à négocier, le gouvernement colombien reste partisan de la ligne dure et l'a réaffirmé jeudi soir en annonçant qu'il allait redoubler d'efforts contre la guérilla.
La guérilla, selon le président Uribe, a annoncé à son émissaire qu'elle ne négocierait pas avec un gouvernement qu'elle considère comme illégitime parce que lié aux milices paramilitaires d'extrême droite. "Que ces bandits des FARC ne trompent plus le peuple colombien et l'opinion internationale", a conclut Alvaro Uribe, visiblement furieux. Mais le ton est également monté chez les rebelles. Ainsi le numéro deux des FARC, Raul Reyes, estime que chaque jour qui passe accroît "l'illégitimité" du président colombien en raison des liens avec les paramilitaires dont il est accusé. Dans une interview à l'agence ANNCOL (proche de la guérilla), Raul Reyes décrit le président "comme un homme pris du délire de libérer à feu et à sang les prisonniers" et le qualifie "d'ennemi acharné d'un échange ou d'un accord humanitaire".
Les proches d'Ingrid Betancourt dénoncent l'attitude d'Uribe
A Paris, Philippe Douste-Blazy, a plaidé jeudi pour un accord humanitaire. "Nous agissons en permanence dans deux directions : d'abord vis-à-vis du gouvernement Uribe, en lui demandant d'accepter enfin un accord humanitaire", et "nous demandons aussi aux FARC cet accord humanitaire et aussi d'accepter de recevoir nos émissaires", a expliqué le ministre français des Affaires étrangères. "Dans les heures et les jours qui viennent, j'espère que nous aurons des réponses constructives".
Mais, bien loin de ces "réponses constructives" espérées par le chef de la diplomatie française, à la veille du cinquième anniversaire de la détention dans la jungle d'Ingrid Betancourt, les déclarations du président Uribe selon lequel l'otage franco-colombienne pourrait se trouver "hors du pays" ont également créé une nouvelle polémique. Yolanda Pulecio, la mère d'Ingrid Betancourt, ne croit pas que sa fille soit "hors de Colombie" et a indiqué qu'elle "n'avait aucune confiance dans les déclarations du président". Depuis deux jours, le vice-président Francisco Santos et le ministre de la Défense Juan Manuel Santos s'efforcent de minimiser ces déclarations, soulignant qu'il ne s'agit que "d'une hypothèse".
D'après agence
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