Emblème de la CIA © Emblème de la CIALe rapport du Comité international de la Croix Rouge, strictement confidentiel, n'a pas été publié et les responsables du CICR se refusent à le commenter. Mais son existence a été révélée par l'agence américaine Associated Press. Il s'agit du premier compte-rendu d'une institution indépendante sur les allégations de tortures subies par des détenus accusés de terrorisme dans les prisons secrètes de la CIA.
Il s'appuie essentiellement sur des entretiens avec certains de ces détenus, qualifiés de "grande valeur" par les autorités américaines. Ces entretiens devaient permettre, selon les responsables de la Croix Rouge, d'observer les conditions de détention de ces prisonniers, et de recueillir leurs témoignages sur ce qu'ils avaient éventuellement déjà pu subir.
Le rapport "n'a pas fait l'objet de vérifications"
Selon Associated Press, le rapport la Croix Rouge rédigé à la suite de ces rencontres évoque des techniques dégradantes pour faire pression sur les détenus lors des interrogatoires : privation de sommeil, obligation de rester debout pendant de longues durées, "positions stressantes" particulièrement difficiles à supporter. Autant de contraintes physiques poussées que les organisations de défense des droits de l'Homme assimilent à des tortures. Elles sont d'autant plus pénibles qu'elles sont combinées.
Au nombre de 14, les détenus de "grande valeur" rencontrés par les représentants de la Croix Rouge avaient quitté les prisons secrètes de la CIA en septembre, en pleine controverse aux Etats-Unis sur le "droit à torturer" réclamé par George W. Bush, pour être transférés à Guantanamo en vue d'un procès. Certains auraient participé aux attentats du 11-Septembre et parmi eux figurait notamment le cerveau présumé des attaques, Khalid Cheikh Mohammed. Les services de renseignement américains avaient présenté ces prisonniers comme des "mines" d'informations susceptibles d'éviter de nouveaux attentats contre les Etats-Unis - mais le président américain s'était systématiquement refusé à dire quelles méthodes avaient été utilisées pour les faire parler.
Des responsables américains, interrogés par Associated Press sous couvert d'anonymat, ont mis l'accent sur le fait que ce rapport, rédigé sur la base d'entretiens avec les détenus, n'avait pas fait l'objet de vérifications. L'un d'eux a notamment souligné que les accusations portées par ces prisonniers émanaient de terroristes présumés, qui pourraient être accusés de la mort de civils innocents.
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