George Bush reçoit la démocrate Nancy Pelosi, deux jours après la défaite de son Parti aux élections de mi-mandat, le 9 novembre 2006 © TF1-LCILa visite a été décidée contre l'avis de la Maison Blanche. Mais elle n'en est pas moins vue et abondamment commentée du côté syrien comme le signe d'un rééquilibrage de la politique américaine. Nancy Pelosi, la présidente de la Chambre des représentants américains, a rencontré mercredi à Damas le président syrien, marquant un peu plus l'ampleur de ses désaccords avec l'administration Bush, à laquelle elle est frontalement opposée sur le dossier de la guerre en Irak.
Nancy Pelosi se place dans le droit fil des recommandations du groupe d'étude sur l'Irak, co-présidé par l'ancien secrétaire d'Etat américain James Baker, qui encourageait une reprise du dialogue avec la Syrie. Mais l'administration américaine boycotte Damas depuis l'assassinat de l'ancien Premier ministre libanais Rafic Hariri en février 2005, dans lequel de hauts responsables syriens de la sécurité ont été mis en cause par les enquêteurs de l'Onu. Elle impose également des sanctions économiques à la Syrie depuis 2004, exigeant qu'elle modifie sa politique régionale. Ce qui n'a pourtant pas empêché les visites de responsables américains en Syrie de se succéder récemment...
Un "mauvais message " pour la Maison Blanche
Des parlementaires républicains ont ainsi délivré dimanche un fort message au président Assad lors d'un entretien à Damas. Reprenant les griefs de l'administration Bush, ils ont demandé l'arrêt des infiltrations de combattants anti-américains en Irak, des ingérences au Liban, du soutien au Hezbollah et au Hamas, que les Etats-Unis et Israël considèrent comme "terroristes". Nancy Pelosi, qui a entamé depuis samedi à Jérusalem une tournée régionale, comptait transmettre pour sa part à la Syrie les vues d'Israël sur le conflit israélo-arabe. Elle affirme qu'Israël est prêt à entamer des discussions de paix si Damas cesse de soutenir le "terrorisme".
La Maison Blanche avait de nouveau réprouvé lundi la visite annoncée de Nancy Pelosi, jugeant que "cela envoie le mauvais message quand des personnalités officielles américaines de haut rang vont là-bas pour des séances photos qu'Assad exploite ensuite". La présidente de la Chambre des représentants avait rétorqué le même jour depuis Beyrouth que sa visite en Syrie était "importante" pour "engager le dialogue" notamment sur l'Irak et le projet du tribunal international sur l'assassinat de Rafic Hariri.
D'après agence
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