"Cette guerre est perdue"

le 20 avril 2007 à 06h35 , mis à jour le 20 avril 2007 à 07h55

Un ténor du parti démocrate dit tout haut ce que pensent de plus en plus d'Américains, alors que Bush justifie l'envoi de renforts en Irak.

TF1/LCI : Le chef de la majorité démocrate au Congrès américain, Harry Reid (20 avril 2007)Le chef de la majorité démocrate au Congrès américain, Harry Reid (20 avril 2007) © TF1/LCI

Le chef de la majorité démocrate au Congrès américain, Harry Reid, a lancé un pavé dans la mare en se faisant l'écho du rejet croissant de la guerre en Irak dans l'opinion américaine. Alors même que le président George W. Bush va à la rencontre du public pour justifier l'invasion, il a lancé jeudi le mot qu'aucun politique américain ne s'était risqué à prononcer : "Je crois (...) que cette guerre est perdue, et que l'envoi de renforts ne sert à rien, comme le montre l'extrême violence qu'on a vue en Irak cette semaine", a-t-il déclaré lors d'une rencontre avec la presse destinée à justifier la demande d'un calendrier de retrait des militaires. Tout en précisant aussitôt : "Cette guerre ne peut être gagnée que diplomatiquement, politiquement et économiquement".

Ces déclarations intervenaient au lendemain d'une vague sanglante d'attentats qui a fait 190 morts à Bagdad, portant un rude coup à la crédibilité du plan américain de sécurisation de la capitale. Harry Reid a précisé qu'il avait délivré ce message la veille lors d'une rencontre avec le président George W. Bush, alors que le Congrès démocrate s'apprête à adopter définitivement la semaine prochaine un projet de loi destiné à financer les opérations militaires en Irak et en Afghanistan pour 2007. Projet de loi que les adversaires démocrate de Bush ont assorti d'un calendrier de retrait, et qui est assuré d'être bloqué par un veto présidentiel... "Je sais que je me suis distingué, à la Maison Blanche, mais au moins j'ai dit (à M. Bush) ce qu'il devait entendre", a-t-il commenté, "ma conscience est claire".

Nouveau parallèle avec la guerre du Vietnam

Harry Reid a dressé un parallèle entre la situation actuelle et la guerre du Vietnam, il y a une quarantaine d'années, lorsque le président Lyndon Johnson avait décidé d'accroître l'effort de guerre alors que les Etats-Unis avaient déjà perdu 24.000 hommes dans ce conflit. "Johnson ne voulait pas qu'une guerre soit perdue durant son mandat, alors il a envoyé des renforts au Vietnam. Quand (la guerre fut terminée), nous avions ajouté 34.000 morts aux 24.000 (qui étaient déjà morts) au Vietnam".

Au même moment, le président George W. Bush justifiait sa décision d'envahir l'Irak et de renverser Saddam Hussein devant une assemblée publique à Tipp City dans l'Ohio, alors que l'opinion publique américaine est en majorité opposée à la guerre. "Le principal champ de bataille dans cette guerre mondiale (contre le terrorisme) c'est l'Irak", a déclaré le président. "Nous tentons d'aider une jeune démocratie à survivre au coeur du Moyen-Orient et en même temps d'empêcher nos ennemis déclarés d'établir des sanctuaires pour nous attaquer à nouveau".

D'après agence

le 20 avril 2007 à 06:35
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