L'étudiant sud-coréen à l'origine du massacre de l'université de Virginia Tech dans une vidéo envoyé à la chaîne NBC (19 avril 2007) © TF1/LCI"Vous m'avez poussé dans mes derniers retranchements et ne m'avez pas laissé le choix. Vous aviez des centaines de milliards de possibilités et de moyens d'éviter ce jour. Mais vous avez décidé de verser mon sang. Vous m'avez poussé dans mes derniers retranchements et ne m'avez pas laissé le choix. C'était votre décision. Maintenant vous avez du sang sur les mains qui ne partira jamais".
L'homme qui accuse et menace n'est autre que Cho Seung-Hui, l'étudiant sud-coréen de 23 ans auteur du carnage de lundi à l'université de Virginia Tech. Il s'exprime ainsi dans un message vidéo envoyé à la chaîne NBC peu avant le carnage. Dans le paquet d'apparence anodine reçu mercredi par le siège new-yorkais de la télévision américaine, 27 mini-vidéos au total, un texte très dense en forme de réquisitoire plus ou moins incohérent, et 43 photos. La chaîne a diffusé une partie de ces documents, en précisant que l'envoi du tueur ne comportait aucune image des fusillades proprement dites.
"Vous aviez tout ce que vous vouliez, vos Mercedes, votre vodka..."
"Je n'avais pas à faire cela. J'aurais pu partir, j'aurais pu fuir. Mais non, je vais arrêter de fuir. Ce n'est pas pour moi. (Mais) pour mes enfants, pour mes frères et mes soeurs que vous" agressez, accuse encore le jeune homme, qui souffrait de dépression et a fait un bref séjour en hôpital psychiatrique. Et un peu plus loin : "Vous aviez tout ce que vous vouliez, vos Mercedes, votre vodka et votre Cognac, votre or et vos colliers". Pour cette vidéo, l'étudiant sud-coréen de 23 ans, à l'origine de la mort d'une trentaine de personnes lundi, est filmé sur fond de carreaux blancs, vêtu de noir, s'exprimant d'un ton saccadé, gardant le regard baissé, vers le sol ou son texte, pour ne lever les yeux vers la caméra que brièvement. Mais Cho se filme aussi en d'autres lieux, dans une voiture par exemple, vêtu différemment, exprimant là encore sa haine des riches.
Sur une photo, il fixe l'objectif d'un air menaçant, portant à bout de bras deux armes à feu, des mitaines noires et une casquette de base-ball noire tournée à l'envers. Sur une autre, il pointe un pistolet vers l'appareil. D'autres sont des gros plans de couteau ou de munitions, "presque des photos artistiques", relève le présentateur de NBC Brian Williams. Le texte fait aussi référence aux "martyrs comme Eric et Dylan", les jeunes auteurs du massacre du lycée de Columbine en 1999. "A un moment il fait une référence vague au massacre (de lundi) et dit : cela n'était pas inévitable", a indiqué Steve Capus, le patron de NBC News, décrivant un texte "difficile à suivre, comme décousu... perturbant, très en colère, semé d'injures".
Le cachet de la poste indique Blacksburg, lundi 16 avril, 9h01, ce qui signifie, selon NBC, qu'il a été posté dans les deux heures d'intervalle entre une première fusillade ayant fait deux morts sur le campus au petit jour et le carnage qui a suivi. L'affirmation cependant reste à vérifier, le colis ayant pu être déposé dans une boîte bien avant qu'il ne soit tamponné. La police en outre n'a pas encore confirmé la responsabilité de Cho dans le premier incident.
D'après agence
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