La Maison Blanche © sxc.hu/SkyringJusqu'à sa démission brutale "pour raisons personnelles", à la fin de la semaine dernière, Randall Tobias était le patron de l'agence américaine d'aide au développement (USAID). Cet ancien dirigeant du géant pharmaceutique Eli Lilly avait auparavant, sur nomination de George W. Bush, coordonné le programme américain d'assistance internationale à la lutte contre le sida. Harlan Ullman, ancien commandant de marine, est pour sa part l'auteur d'une partie de la doctrine militaire de l'administration Bush. Deux noms qui apparaissent en gros titres dans l'actualité américaine pour une même affaire : le démantèlement d'un réseau de prostitution et le procès d'une présumée entremetteuse aux clients célèbres...
Si Randall Tobias n'a donné aucune précision sur les motifs de sa démission, annoncée vendredi par un communiqué laconique du Département d'Etat américain, ABC affirme qu'il a pris cette décision après avoir été contacté par la chaîne, qui enquêtait sur un réseau de prostitution de luxe basé dans la capitale américaine. ABC a expliqué avoir entrepris cette démarche après s'être procuré la liste des communications téléphoniques d'une certaine "Madame DC", Deborah Palfrey, 50 ans, accusée de racket et blanchiment d'argent par une cour fédérale de Washington.
"Une firme de fantasmes haut de gamme"
Son activité baptisée "Pamela Martin and Associates", qui a fonctionné de 1993 à 2006, était, selon elle, "une firme de fantasmes haut de gamme pour adultes, qui offrait services érotiques et sexuels en toute légalité et sans aucun incident pendant ses 13 ans d'existence". Sa demeure en Californie a été saisie par les autorités en octobre et Mme Palfrey, qui n'a plus de fortune, collecte des dons sur un site internet pour sa défense. Selon le Washington Post, la "Madame" faisait payer ses services 275 dollars pour une session de 90 minutes.
Madame Palfrey a d'ores et déjà révélé l'un des noms contenus dans sa liste de clients... celui de Harlan Ullman, qu'elle a désigné comme "un client régulier". Celui-ci a rejeté ces accusations, indiquant sur CNN récemment qu'elles "ne méritaient pas une réponse".
Mais l'avocat de Madame Palfrey, Me Montgomery Blair Sibley, affirme que d'autres noms pourraient être rendus publics. Et selon lui, "il est statistiquement fort probable qu'il y ait un joli nombre de noms de gens bien placés qui ont utilisé ses services, que ce soit au sein du gouvernement ou du secteur privé". Selon le Washington Post, l'avocat affirme avoir "été contacté ces derniers jours par cinq avocats demandant si le numéro de téléphone de leur clients étaient sur la liste de Madame Palfrey qui compte entre 10.000 et 15.000 numéros d'abonnés entre 2002 et 2006."
D'après agence
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