Ingrid Betancourt a essayé de s'évader 5 fois

Par D.H. (avec agence), le 17 mai 2007 à 20h54 , mis à jour le 18 mai 2007 à 19h35

A chaque tentative, elle a été rattrapée et "durement punie" par les Farc, a raconté jeudi l'ex-otage échappé, qui l'aurait vue le 28 avril.

TF1-LCI : Tee-shirt de soutien à Ingrid Betancourt, enlevée par les FARC en février 2002Tee-shirt de soutien à Ingrid Betancourt, enlevée par les FARC en février 2002 © TF1-LCI

Après des mois et des mois sans nouvelles d'Ingrid Betancourt, chaque détail évoqué par John Frank Pinchao Blanco, l'ancien compagnon de détention de l'otage franco-colombienne récemment évadé des Farcs, a son importance. Après avoir affirmé mercredi que la Franco-Colombienne était bien vivante et qu'il l'avait vue pour la dernière fois le 28 avril dernier, il a raconté ce jeudi qu'elle avait tenté par 5 fois de s'évader elle aussi. En vain. Chaque fois, les miliciens l'ont rattrapée.

"Ingrid a été durement punie pour ces tentatives d'évasion", a poursuivi le policier précisant que les rebelles lui avaient infligé des privations de nourriture et de radio. Indiquant qu'Ingrid dormait, comme les hommes, attachée par une chaîne au cou, il a toutefois confirmé qu'elle  était en bonne santé.

Ingrid Betancourt et Clara Rojas ont été "séparées"

Autre détail sur la vie quotidienne de l'otage : "Ingrid fait beaucoup d'exercice, écrit, écoute la radio et découpe les nouvelles dans les journaux", a poursuivi le sous-officier. "Une fois, se souvient-il, alors qu'elle souffrait d'une dépression, elle a déchiré son cahier d'écriture". L'ancienne candidate des verts à l'élection présidentielle, 45 ans, écoute tous les messages de sa mère Yolanda Pulecio, selon la même source. Le policier raconte qu'à plusieurs reprises il se disputait avec Ingrid "sur des questions idéologiques" et qu'ils pouvaient ne plus se parler pendant des jours.

Pinchao a aussi précisé qu'Ingrid et son adjointe Clara Rojas, qui a eu un enfant d'un guérillero, étaient aujourd'hui "séparées". Ingrid Betancourt et Clara Roras sont otages depuis le 23 février 2002. Elles ont été enlevées par les Farc pendant la campagne présidentielle à laquelle Ingrid Betancourt se présentait comme candidate des Verts colombiens. Les Farc, première guérilla de Colombie avec 17.000 hommes, réclament la libération de 500 de leurs hommes incarcérés en échange de 56 otages qu'elles détiennent.

Nicolas Sarkozy téléphone à Alvaro Uribe

Nicolas Sarkozy recevait vendredi Mélanie et Lorenzo Betancourt, les enfants d'Ingrid Betancourt à l'Elysée, accompagnés par Fabrice Delloye, l'ex-mari d'Ingrid Betancourt, père de ses enfants, et Astrid Betancourt, la soeur d'Ingrid. Jeudi, le président de la République avait affirmé au président colombien Alvaro Uribe, lors d'une conversation téléphonique, qu'il était "déterminé à obtenir le retour d'Ingrid Betancourt", la Franco-colombienne otage des Farc depuis le 23 février 2002, selon le porte-parole de l'Elysée David Martinon. Le lendemain, Alvaro Uribe a ordonné aux responsables de l'armée de "libérer par les moyens militaires" Ingrid Betancourt.

Par D.H. (avec agence) le 17 mai 2007 à 20:54
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