Le pape et la chasteté au pays de la liberté sexuelle

Par D.H. (avec agence), le 11 mai 2007 à 19h50 , mis à jour le 11 mai 2007 à 22h00

La chasteté ne saurait être une politique de santé, a répondu vendredi une ministre brésilienne au discours de Benoît XVI devant 40.000 jeunes brésiliens.

TF1-LCI : Le pape Benoît XVI au Brésil, le 10 mai 2007Le pape Benoît XVI au Brésil, le 10 mai 2007 © TF1-LCI

La chasteté préconisée devant la jeunesse brésilienne par le pape Benoît XVI ne peut pas tenir lieu de politique efficace de santé publique contre le sida, a estimé vendredi la secrétaire d'Etat brésilienne aux Droits de la femme, Nilcea Freire. La chasteté est "une décision absolument individuelle. Je n'ai rien pour ou contre celui qui souhaite être chaste ou celui qui ne le veut pas. Mais nous ne pouvons baser notre politique de prévention des maladies sexuellement transmissibles et du sida en préconisant la chasteté", a-t-elle dit.

Cette position intervient au lendemain de l'appel du pape jeudi, lors d'un rassemblement de quelque 40.000 jeunes à Sao Paulo, au respect de la chasteté et du mariage, une manière aussi selon lui de lutter contre le sida qui ravage le pays. Vendrei encore, Benoît XVI a prêché la résistance à "l'hédonisme" des sociétés modernes durant la messe de canonisation d'un religieux célébrée à Sao Paulo, qui a rassemblé des centaines de milliers de fidèles. Il a appelé les catholiques à "dire non aux médias qui tournent en ridicule la sainteté du mariage et la virginité avant le mariage", et à cultiver "des vies limpides et claires".

Le Brésil a contenu lors de la dernière décennie l'expansion du sida grâce à une politique basée sur la distribution de préservatifs, l'administration gratuite de médicaments aux personnes séropositives et la pression sur les grands groupes pharmaceutiques pour la baisse du prix des traitements. "Nous préconisons l'utilisation de moyens contraceptifs, aussi bien masculins que féminins, dont l'usage s'est montré efficace dans la prévention de maladies sexuellement transmissibles", a souligné la ministre. "Je respecte la position de l'Eglise et je ne me sens pas le droit d'interférer dans ce qu'elle préconise, mais je pense que la question du combat contre le sida est de la compétence du gouvernement. Nous devons le conduire en fonction des besoins de la population brésilienne", a dit Nilcea Freire.

Par D.H. (avec agence) le 11 mai 2007 à 19:50
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