Paris et Bogota divergent sur le cas Ingrid Betancourt

Par D.H. (avec agence), le 18 mai 2007 à 21h52 , mis à jour le 19 mai 2007 à 15h37

Le président colombien a ordonné vendredi aux militaires de "libérer par les moyens militaires" l'otage franco-colombienne. Le quai d'Orsay refuse la force.

TF1-LCI : La famille Betancourt est reçue à l'Elysée, par Nicolas SArkozy, le 18 mai 2007La famille Betancourt est reçue à l'Elysée, par Nicolas SArkozy, le 18 mai 2007 © TF1-LCI

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La réaction de Mélanie Bétancourt à la proposition d'Uribe

C'est la première prise de position du nouveau ministère des Affaires étrangères à la tête duquel a été nommé Bernard Kouchner. Le quai d'Orsay a indiqué vendredi soir rester "opposée à une action militaire" pour libérer l'otage franco-colombienne, Ingrid Betancourt, retenue par les Farc depuis février 2002. "Nous vérifions la teneur des déclarations prêtées au président Uribe", a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères Jean-Baptiste Mattéi. Et "nous rappelons notre position constante en la matière: nous sommes opposés à une action militaire qui risque de mettre en péril la vie des otages".

Cette déclaration fait en effet suite à l'ordre donné peu avant par le président colombien Alvaro Uribe à son armée de libérer l'otage. "Messieurs les généraux, nous allons libérer Ingrid Betancourt et les trois Américains. Les FARC ne veulent pas d'accord humanitaire, c'est pourquoi nous insistons sur la libération par des moyens militaires. Ici il n'y aura pas de petits jeux avec ces bandits des FARC, ici il n'y a pas de zone démilitarisée", avait-il dit, tandis que le ministre colombien des Affaires étrangères appelait les otages détenus par les guérilleros à "s'évader".

En attendant, la libération d'Ingrid Betancourt semble être l'une des priorités du nouveau pouvoir. Après avoir eu jeudi soir pendant une demi-heure au téléphone le président Uribe, Nicolas Sarkozy a reçu vendredi après-midi la famille d'Ingrid Betancourt. Selon Mélanie Betancourt, la fille de l'otage, "le président Sarkozy a dit au président Uribe à quel point il croyait fermement à une solution négociée et surtout pas à une libération par la force qui, on le sait, est un échec". Le président colombien Alvaro Uribe "se moque du président" français Nicolas Sarkozy en ordonnant la libération d'Ingrid Betancourt par des moyens militaires, a ensuite estimé Mélanie Betancourt sur France 2.


Une "marche de détermination" mercredi à Paris

Un comité de soutien à la Franco-Colombienne Ingrid Betancourt, otage de la guérilla colombienne des FARC, qualifie de "bluff" les déclarations du président Alvaro Uribe et appelle à une "grande marche de détermination" mercredi 23 mai à 18 heures à Paris, dans un communiqué publié samedi.

Par D.H. (avec agence) le 18 mai 2007 à 21:52
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