© INTERNELes Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC-marxiste) ont annoncé que 11 de leurs otages, tous députés colombiens, ont été tués lors d'une tentative de libération par l'armée contre leur camps de détention le 18 juin, rapporte jeudi l'agence Anncol (proche de la guérilla). Le 12e député, M. Sigferdo Lopez, a survécu car il ne se trouvait pas dans le campement au moment de l'attaque, selon Anncol. "Nous efforcerons de leur restituer les corps le plus vite possible", affirme le communiqué.
En face, le président Uribe et l'armée colombienne démentent avoir procédé à une telle opération militaire de libération. Alvaro Uribe a accusé "le groupe terroriste des FARC d'être responsable de l'assassinat des députés". "Aucune opération militaire n'a été organisée et il n'y a pas eu de feux croisés", a-t-il soutenu accusant les rebelles "d'assassinats prémédités" et qualifiant ces meurtres de "crimes contre l'humanité". "Il n'y a pas eu d'ordre de lancer une opération militaire de libération" des 11 otages, a pour sa part affirmeé un commandant des forces militaires, d'autant que les services de renseignements militaires "n'ont pas eu connaissance de la localisation exacte du lieu de détention" des députés provinciaux. Mais le ministre de l'Intérieur colombien Carlos Holguin n'a pas totalement exclu que la mort de 11 députés provinciaux ait pour origine une attaque de groupes paramilitaires (extrême-droite) contre un campement des guérilleros. "C'est une hypothèse improbable, mais elle ne peut être écartée surtout parce que les FARC indiquent qu'ils n'ont pas identifié le groupe (ndlr: à l'origine de l'attaque)", a estimé le ministre.
Paris et les Betancourt condamnent
Quoi qu'il en soit les condamnations à une opération militaire ne se sont pas faites attendre. Le quai d'Orsay a répété jeudi que l'usage de la force pour libérer les otages en Colombie "doit être absolument proscrit". Même discours de la part de la famille d'Ingrid Betancourt qui a de nouveau appelé jeudi la France, la Suisse et l'Espagne à "agir fermement" auprès de Bogota "pour éviter à tout prix" une opération militaire comme celle-ci. Les FARC dénoncent "l'intransigence démente" du président colombien Alvaro Uribe qui prône la libération par la force des otages.
Les guérilleros des FARC, selon les témoignages d'anciens prisonniers, ont pour consigne d'éxécuter leurs otages en cas de tentative de libération par la force par les militaires. Ces 11 victimes faisaient partie des 12 députés pris en otages par la première guérilla de Colombie (17.000 hommes) en avril 2002. Les FARC réclament la libération par le gouvernement de 500 des leurs en échange de 56 otages, dont ces 12 députés, la sénatrice franco-colombienne Ingrid Betancourt et les trois Américains.
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