Guantanamo : levée des charges contre l'ancien chauffeur de Ben Laden

le 05 juin 2007 à 08h14 , mis à jour le 05 juin 2007 à 10h29

L'administration Bush a subi un sérieux revers lundi après le rejet des chefs d'inculpation pesant sur deux "combattants ennemis".

La base de GuantanamoLa base de Guantanamo © TF1/LCI

L'administration Bush a subi un sérieux revers lundi après le rejet des chefs d'inculpation pesant sur deux "combattants ennemis" détenus sur la base navale américaine de Guantanamo (Cuba) dont l'ex-chauffeur d'Oussama ben Laden. Un juge militaire américain a écarté lundi les chefs d'inculpation de soutien au terrorisme qui pesaient à l'encontre de Salim Ahmed Hamdan, ancien chauffeur du chef d'Al-Qaïda. Le capitaine Keith Allred a estimé que le gouvernement américain n'avait pas réussi à donner la preuve que Hamdan était "un combattant ennemi illégal".

Peu auparavant, un autre juge militaire avait rejeté pour les mêmes motifs tous les chefs d'inculpation pesant sur un jeune Canadien détenu également à Guantanamo, Omar Khadr, 20 ans, arrêté en Afghanistan en 2002 et accusé d'être un membre d'Al-Qaïda. Omar Khadr était inculpé de meurtre, tentative de meurtre, complot, soutien au terrorisme et espionnage. Il était accusé d'avoir tué un soldat américain lors de son arrestation en 2002 en Afghanistan, alors qu'il avait 15 ans.

La loi promulguée en octobre pour instaurer ces tribunaux militaires spéciaux spécifie qu'ils ne peuvent juger que les "ennemis combattants illégaux étrangers". Mais le colonel Brownback a relevé que la commission chargée d'établir le statut de M. Khadr en septembre 2004 l'avait qualifié de simple "combattant ennemi".

"Combattant ennemi illégal"

La décision du juge ne signifie pas qu'Omar Khadr sera libéré, puisqu'aux yeux des autorités américaines, son statut de "combattant ennemi", même simple, justifie une détention sans inculpation jusqu'à la fin de la "guerre contre le terrorisme". Elle porte cependant un nouveau coup à l'édifice juridique élaboré autour des détenus de Guantanamo. Parmi les quelque 380 détenus de la base navale, aucun détenu n'a reçu officiellement le statut de "combattant ennemi illégal".

Jusqu'à présent, la procédure administrative de révision de leur statut devait trancher entre "combattant ennemi" ou "plus combattant ennemi", mais le gouvernement pourrait renvoyer les détenus devant ces commissions afin d'ajouter la mention "illégale". Les tribunaux militaires d'exception "continueront d'oeuvrer de manière juste, transparente, ouverte et légitime", a assuré lundi soir la porte-parole du Bureau des commissions militaires (OMC) de Guantanamo, nom officiel de ces tribunaux spéciaux.

(D'après agence)

le 05 juin 2007 à 08:14
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