© AFP/Ch.SimonDepuis vendredi matin, le gouvernement colombien a enclenché le processus de libération de rebelles de la guérilla marxiste FARC. Cette première vague de libération a commencé avec le transfert de 40 rebelles en autocar de la prison La Modelo de Bogota, vers le centre de détention temporaire de Chiquinquira (à 140 km au nord de Bogota), où seront regroupés par la suite 250 à 300 guérilleros.
Et parmi eux, se trouve Rodrigo Granda. Considéré comme le "ministre des affaires étrangères" des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC), l'homme doit, en échange de sa libération, "jouer le rôle d'intermédiaire de paix et à livrer des preuves de vie concernant Mme Betancourt et d'autres personnes séquestrées", a déclaré un responsable de la présidence colombienne, "autorisé par le secrétariat des FARC". Selon ce haut fonctionnaire, le président Alvaro Uribe annoncera publiquement cette nouvelle samedi quand il révèlera les "raisons d'Etat" qui l'ont conduit à libérer unilatéralement près de 200 guérilleros.
Selon la presse colombienne, Sarkozy aurait demandé, lors d'une conversation téléphonique, à Uribe la libération de guérilleros, notamment de Granda, en dépit du refus du responsable guérillero de se démobiliser et de renoncer à la lutte armée. "Sarkozy, homme clef dans la sortie de prison de 121 guérilleros", titre à la une El Tiempo. Un haut responsable de la présidence colombienne avait déclaré vendredi que Rodrigo Granda allait être libéré afin d'apporter au président Sarkozy des "preuves de vie" d'Ingrid Betancourt.
Une guérilla de 17.000 hommes
Ce sont plusieurs centaines de rebelles détenus qui vont être libérés, dans un geste unilatéral des autorités colombiennes, destiné à favoriser la libération d'otages aux mains des FARC. Il s'agit de personnes "soit condamnées pour des délits politiques, soit accusées de délits politiques. Cet examen de leur situation juridique est pratiquement terminé" et, "une fois la grâce accordée, on demande à un juge d'ordonner la remise en liberté", a précisé le ministre.
Seule condition : les rebelles libérés doivent s'engager à ne pas rejoindre les rangs des FARC, et à intégrer le programme officiel de démobilisation. De nombreux guérilleros emprisonnés ont rejeté ce processus affirmant, comme la direction des FARC, que la seule issue réaliste est une négociation dans une zone démilitarisée sur un échange de rebelles emprisonnés contre les otages. Les FARC, principale guérilla colombienne avec 17.000 hommes, réclament la libération de 500 de leurs hommes en échange de 56 otages, dont trois Américains et la Franco-Colombienne Ingrid Betancourt, ex-candidate écologiste à la présidentielle colombienne.
D'après agence
La mère d'Ingrid Betancourt espère "un geste des FARC" |
La mère d'Ingrid Betancourt a dit vendredi espérer un "geste" de la guérilla après le début du processus de libération des rebelles emprisonnés. "J'espère un geste des FARC", a déclaré Yolanda Pulecio, citée par le quotidien argentin Clarin dans son édition en ligne. "Je veux avoir de l'espoir, mais j'ai peur, car j'ai eu ces illusions à de nombreuses reprises. A chaque fois qu'on sent que c'est proche, il arrive quelque chose qui change tout. Mais je veux et j'essaie d'être positive", a-t-elle ajouté. Mme Pulecio salue également l'attitude du président français élu Nicolas Sarkozy, affirmant n'avoir pas "le moindre doute de l'intérêt, de l'appui et de l'engagement" du nouveau chef de l'Etat. |
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