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| "Un moment décisif", selon l'ex-mari de Bétancourt |
Nicolas Sarkozy a reçu ce mardi matin pendant trois quart d'heures, Mélanie Betancourt, Astrid Betancourt et Fabrice Delloye, la fille, la soeur et l'ancien mari d'Ingrid Betancourt, afin de "faire le point avec eux sur ses efforts visant à obtenir la libération de notre compatriote". Cette rencontre fait suite à la libération, lundi, du chef guérillero des FARC, Rodrigo Granda. Le président colombien Alvaro Uribe a en effet annoncé lundi qu'à la demande expresse de son homologue français Nicolas Sarkozy, il avait libéré sans condition ce chef guérillero des FARC considéré comme le "ministre des Affaires étrangères" des FARC, pour en faire "un intermédiaire de paix".
A l'issu de l'entretien avec la famille Bétancourt, David Martinon, porte-parole de Nicolas Sarkozy, a indiqué que le cas d' Ingrid Betancourt sera évoqué au sommet du G8 "dans le cadre le plus large possible (...) notamment au président Bush". Selon David Martinon, Nicolas Sarkozy "veut sensibiliser le G8 à ce problème extrêmement important pour nous". "La solution ne viendra pas du G8 mais l'engagement du G8 est peut-être une arme de plus dans ce processus (pour faire libérer Mme Betancourt) qui est difficile et compliqué", a-t-il ajouté. Le porte-parole a aussi confirmé que c'était le président de la République qui avait "demandé la libération" du chef guérillero Rodrigo Granda.
"Un geste de bonne volonté"
Tôt mardi matin, Nicolas Sarkozy avait salué une "décision très importante et courageuse qu'il avait expressément demandée au président Uribe dans le cadre des efforts destinés à obtenir la libération des otages, en particulier notre compatriote Ingrid Betancourt". Le chef de l'Etat français "espère désormais que ce développement sera entendu par les Forces armées révolutionnaires de Colombie et que "celles-ci y répondront". Yolanda Pulecio, la mère d'Ingrid Betancourt déclarait quant à elle que "c'est un message très positif envoyé à la guérilla". Elle prie pour que les FARC "à leur tour fassent un geste de réciprocité" en libérant leurs otages.
"C'est extrêmement positif. Cette libération d'un haut chef guérilléro apporte une lueur d'espoir pour l'aboutissement de l'accord humanitaire" qui pourrait permettre la libération d'Ingrid Betancourt, a estimé Astrid Betancourt, la soeur de l'otage franco-colombienne sur RMC. "C'est un geste de bonne volonté qui sera perçu, je l'espère, de la sorte par la guérilla des Farc", a-t-elle ajouté. "C'est un premier échelon dans un processus qui va être long. Il faut être patient, mais très vigilant et rapide", a-t-elle dit.
Colère de l'avocat
L'avocat de Rodriguo Granda, Miguel Gonzalez, apparemment furieux, a lui laissé entendre que son client a été libéré de force. "Les possibilités d'un accord humanitaire sont aujourd'hui au point mort", a-t-il proclamé aux journalistes. Granda était le membre le plus important de l'organisation rebelle en captivité et avait été capturé le 13 décembre 2004 à Caracas, au Venezuela.
Alvaro Uribe a indiqué au cours de son allocation lundi soir que la libération massive de guérilleros se poursuivait. Mardi, un premier groupe de 56 guérilleros des Farc, graciés par le gouvernement colombien, avaient été libérés. Les guérilleros démobilisés se sont engagés formellement lundi à renoncer à la lutte armée. Plus de 150 rebelles repentis seront libérés avant jeudi, avait annoncé le président Uribe lundi, précisant cependant qu'une vingtaine d'entre eux retournerait en prison.
Les Farc, première guérilla de Colombie avec 17.000 hommes, réclament la libération de 500 de leurs hommes en échange de 56 otages, dont trois Américains et Ingrid Betancourt, ex-candidate écologiste à l'élection présidentielle colombienne, enlevée depuis plus de 5 ans.
(D'après agence)
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