Georges Bush © LCIL'affaire fait grand bruit aux Etats-Unis. George W. Bush a décidé lundi, de gracier partiellement l'ancien bras droit du vice-président Dick Cheney, Lewis Libby, lui évitant deux ans et demi de prison dans une affaire liée à l'invasion de l'Irak. "Je respecte le verdict du jury, mais je suis arrivé à la conclusion que la peine de prison infligée à M. Libby est excessive", s'est justifié le président. En revanche, l'amende de 250.000 dollars et la mise à l'épreuve durant deux ans infligées à Lewis Libby restent en vigueur.
Les faits remontent à juillet 2003, quand la presse a révélé que Valerie Plame, l'épouse du diplomate, Joe Wilson qui accusait l'administration Bush d'avoir exagéré la menace irakienne, était un agent de la CIA. Une telle révélation est un crime fédéral. Personne n'a été poursuivi pour la fuite à proprement parler. Seul Lewis Libby l'a été pour avoir fourni un récit inexact de ses conversations avec trois journalistes, lors de l'enquête sur la fuite. Il ainsi été reconnu coupable en mars d'obstruction à la justice, faux témoignage et parjure, et condamné le 5 juin à deux ans et demi de prison et 250.000 dollars d'amende.
"Cela ne sert pas la justice"
La décision de grâce partielle a été aussitôt condamnée par les responsables démocrates au Congrès. "Cette décision est scandaleuse", a estimé Harry Reid chef de la majorité démocrate au Sénat. "Cela ne sert pas la justice", a renchéri la présidente de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi. "Le principe d'une justice égale pour tous a subi un sérieux revers aujourd'hui", a estimé de son côté John Edwards, un des prétendants démocrates à la Maison Blanche.
Avec cette décision, le président américain n'hésite pas à prendre l'opinion à rebrousse-poil. Un sondage diffusé sur CNN indique que 72% des Américains étaient opposés à toute mesure de grâce à l'égard de Lewis Libby.
Avec Agence
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