George W. Bush à Kennebunkport avec Vladimir Poutine (3 juillet 2007) © TF1/LCI"Est ce que je lui fais confiance ? Oui, je lui fais confiance. Est-ce que j'aime tout ce qu'il dit? Non !" George W. Bush lui-même a dû faire, devant les journalistes, ce constat de désaccord persistant avec Vladimir Poutine au terme de la visite du président russe. Lequel, un ton en-dessous dans cette démonstration un peu forcée d'aménité, a déclaré : "Je ne suis pas toujours d'accord" mais "nous nous parlons comme des amis". Avant de souligner aussitôt : "nous n'accepterons jamais, jamais" que la question des libertés soit utilisée pour "s'ingérer dans nos affaires intérieures".
Invitation dans la résidence familiale des Bush à Kennebunkport, sur la côte atlantique, menus au homard, sorties en mer et parties de pêche n'ont donc que très partiellement détendu l'atmosphère entre les deux dirigeants, qui était devenue exécrable au cours des dernières semaines. Le point le plus concret à retenir de cette visite de Vladimir Poutine étant, finalement, une nouvelle proposition à George W. Bush de coopération élargie entre la Russie, les Etats-Unis et l'Otan pour créer un système de protection antimissile pour l'Europe, et dissiper les tensions actuelles entre Moscou et Washington.
Ce qu'a proposé Poutine
Vladimir Poutine a proposé une approche régionale, à travers le conseil de coopération Russie-Otan. Il a offert la création d'un centre d'échange d'informations à Moscou et évoqué la possibilité d'un centre analogue, par exemple à Bruxelles. Il s'est dit prêt à inclure dans ce système un radar d'alerte antimissile immédiate dans le sud de la Russie et a de nouveau proposé l'utilisation d'un radar en Azerbaïdjan, qui pourrait être modernisé. Proposition qui n'a cependant que peu de chances de régler le coeur du différend sur le "bouclier antimissile" : Vladimir Poutine a indiqué que son système rendrait inutile l'installation par les Etats-Unis d'un radar et de missiles intercepteurs en République tchèque et en Pologne. Mais George W. Bush a persisté dans sa volonté d'associer ces deux pays au projet.
Au moment où les Etats-Unis travaillent à de nouvelles sanctions beaucoup plus rigoureuses du Conseil de sécurité pour répondre au défi nucléaire iranien, George W. Bush a dit "compter sur le soutien russe pour adresser un message clair aux Iraniens. Et ce message est un message ferme". Mais la Russie a d'importants intérêts en Iran et pourrait résister à de telles sanctions. Vladimir Poutine a ainsi relevé de récents signes de coopération de la part de l'Iran avec l'agence onusienne de non-prolifération.
Parmi les résultats concrets des discussions, les Etats-Unis et la Russie devaient signer un accord sur des discussions préalables à l'expiration du Traité de réduction des armes stratégiques (Start) et une déclaration sur leur volonté de coopérer pour fournir à d'autres pays de la technologie nucléaire civile sous le contrôle de l'Agence internationale de l'énergie atomique.
D'après agence
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