© AFP PHOTO/Stan HONDAJusqu'à lundi dernier, la confrontation entre Hillary Clinton et Barack Obama avait été assez policée. Soucieux de ne pas ternir leur image, les deux candidats démocrates à la Maison Blanche avaient pris soin d'éviter les polémiques. Cette fois, à un peu moins de six mois du début effectif des primaires, la bataille est bel et bien lancée.
Point de départ : le débat entre les huit prétendants du parti de l'âne organisé lundi dernier par CNN et YouTube (lire notre article). Lors du passage consacré à la politique étrangère, Barack Obama affirme que, s'il était élu, il n'hésiterait pas à rencontrer personnellement ses homologues de pays considérés ennemis des Etats-Unis, comme l'Iran, la Syrie, le Venezuela, Cuba ou la Corée du Nord. "La notion selon laquelle ne pas parler à certains pays serait les punir est ridicule", estime le sénateur de l'Illinois. Hillary Clinton s'engouffre alors dans la brèche pour mettre en avant l'inexpérience de son adversaire, dont l'âge -45 ans- apparaît comme un gros handicap. A la même question, elle répond "non", afin de "ne pas s'exposer à être utilisée à des fins de propagande". Le lendemain, elle va plus loin en assénant que la position de Barack Obama est "irresponsable et naïve".
"On ne m'avait jamais traitée de 'Bush'"
La réplique ne tarde pas non plus. Soulignant que l'administration républicaine refuse justement de discuter avec les "pays de l'axe du mal", Barack Obama demande, par presse interposée, à Hillary Clinton ce qui la "différencie de cette position". "Je ne veux pas d'une continuation de la politique Bush-Cheney. Je veux un changement fondamental", lance-t-il, insinuant donc que la sénatrice de New York se situe sur la même ligne dure que le président et son vice-président.
"Ca devient idiot. J'ai déjà été traitée de tous les noms dans ma vie, mais pas encore de George Bush ou de Dick Cheney", ironise jeudi soir celle qui domine les sondages. "Nous devons sortir de l'ère Bush, celle qui consiste à ignorer les problèmes. Mais je ne veux pas que le pouvoir et le prestige des Etats-Unis soient mis en jeu avec des rencontres avec des Chavez, Castro ou Ahmadinejad (...). Je sais que la diplomatie implique beaucoup de travail, beaucoup de réunions avant une visite sans pré-conditions requises", ajoute-t-elle. Fin de l'épisode, la suite au prochain.
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