Crash de Sao Paulo : le pilote mis en cause

Par D.H. (avec agence), le 28 juillet 2007 à 18h15 , mis à jour le 28 juillet 2007 à 18h42

Une erreur du pilote serait à l'origine de l'accident du 17 juillet, mais une piste d'atterrissage trop courte explique le grand nombre de victimes.

[Expiré] [Expiré] Crash d'avion Sao Paulo © AFP

L'hebdomadaire d'information à plus fort tirage du Brésil cite les premières informations obtenues à partir de l'analyse des boîtes noires de l'Airbus A320 de la compagnie brésilienne TAM. "Les enquêteurs savent déjà qu'une erreur commise par le commandant de l'Airbus de la TAM a empêché l'avion de ralentir suffisamment à l'atterrissage. Mais la dimension de la piste, trop courte, et l'absence de zone de dégagement ont été décisives pour que l'accident fasse tant de morts", écrit Veja. La revue précise que ces informations sont encore tenues secrètes par la commission de l'armée de l'Air chargée d'enquêter sur les causes de l'accident.
 
"Elles montrent qu'une des deux manettes qui règlent le fonctionnement des réacteurs était hors de position lorsque l'avion a touché la piste principale de l'aéroport de Congonhas. Cette erreur a fait que les réacteurs de l'Airbus ont fonctionné en sens opposés : tandis que le gauche aidait l'avion à freiner, comme il fallait, le droit le faisait accélérer", indique Veja. Selon la revue, les causes de l'accident ont un rapport indirect avec le fait que l'avion volait ce jour-là avec son inverseur de poussée droit désactivé. "Quand cela arrive, le pilote, à l'atterrissage, doit actionner les manettes d'une manière différente de d'habitude. C'est cela qui peut avoir provoqué une confusion pour le commandant du vol", précise Veja.
 
93 victimes identifiées
 
D'après la revue, cette erreur a déjà été commise dans au moins deux autres Airbus du même modèle A320: en mars 1998 aux Philippines et en 2004 à l'aéroport de Taipei, mais sans conséquences majeures. L'enquête montre que l'Airbus de la TAM a touché la piste à 240 kilomètres à l'heure, n'a pas dérapé sur la piste mouillée et n'a pas enregistré de problème dans le système de freinage de l'appareil. L'avion avait atterri à Congonhas avec 187 personnes à bord en provenance de Porto Alegre, dans le sud du Brésil. Il avait traversé la piste à grande vitesse, avait viré à gauche en bout de piste et traversé une avenue avant de s'écraser contre un immeuble et d'exploser.
 
L'institut médico-légal de Sao Paulo a pour l'instant identifié 93 victimes, dont quatre victimes qui étaient dans l'immeuble touché, siège de la filiale fret de la TAM. Le nombre total des victimes devrait être d'environ 200 morts, mais on ne devrait connaître le chiffre définitif qu'après l'identification de tous les corps, ont indiqué les autorités.

Retour à la normale pour l'aéroport de Sao Paulo

L'aéroport de Congonhas, à Sao Paulo, opère à nouveau normalement depuis samedi, mais avec un trafic réduit, 11 jours après l'accident. "La piste principale fonctionne normalement", a déclaré un responsable de Infraero, gestionnaire des aéroports brésiliens. Les trois compagnies aériennes TAM, Gol et Varig, qui opèrent à Congonhas, avaient annoncé vendredi le transfert à partir de lundi de 52 vols pour l'aéroport international de Guarulhos, situé à 40 km du centre de Sao Paulo, dans le cadre du processus de réorganisation du trafic. L'aéroport de Congonhas, situé dans une zone densément peuplée, ne sera plus le principal aéroport domestique du Brésil (18 millions de passagers par an). Les aéroports de Guarulhos, de Viracopos (à 100 km de Sao Paulo) et de Sao Jose dos Campos (97 km de Sao Paulo) pourraient accueillir une partie des vols transférés, selon Infraero. La piste principale de Congonhas a été rouverte vendredi, après 10 jours de fermeture qui devaient permettre aux autorités d'enquêter sur son état.

Par D.H. (avec agence) le 28 juillet 2007 à 18:15
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3 Commentaires

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  • Armand83, le 01/08/2007 à 10h25

    A michel, Pourquoi accuser avec un tel a priori Airbus ? Employé de Boeing ? Les enqueteurs et les explications très claires de Franck démontrent le contraire Dénoncer la désinformation par de la désinformation vous fait perdre toute crédibilité.

  • Frank, le 29/07/2007 à 14h19

    Je l'ai dit depuis le début . Quand un inverseur de poussée est inopérant , l'autre doit être impérativement désactivé pour éviter une dissymétrie et donc une sortie de piste ce qui est arrivé .Logiquement l'équipage ne peut plus utiliser ce moyen de freinage si les mécaniciens au sol ont fait le travail. Soit la désactivation s'est faite a létape précédente et le commandant de bord ne peut l'ignorer , soit elle a été faite avant qu'il prenne l'avion en compte et il est tenu de lire le CRM ( compte rendu de l'équipage précédent )qui indique toutes les impasses et problémes sur l'avion . Enfin sur une piste courte , avec un avion plein ( donc proche de la masse attérissage maximumm) contaminée ( par les chutes d'eau ) de nuit et par mauvais temps , sans inverseur de poussée c'est pure folie . Maintenant il faut voir aussi les consignes de la Compagnie , si le déroutement était déconseillé , mais le CDB reste seul maître à Bord Sur Air france un tel accident ne serait jamais arrivé ..

  • Michel, le 29/07/2007 à 10h18

    Il est vrai que commercialement il est mieux vu d'incréminer le pilote que La compagnie Airbus. Donner des imdemnités à sa famille coutera moins cher que de perdre des ventes d'appareils. Et oui c'est cela aussi l'économie.

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