George W.Bush lors d'une allocution télévisée © TF1/LCIA l'heure où la mort du 3 612e soldat américain en Irak était annoncée jeudi, George Bush tentait de défendre la stratégie de son administration. "Je crois que nous pouvons réussir en Irak, et je sais que nous le devons", a réaffirmé le président américain, au cours d'une conférence de presse à Washington. Un peu plus tôt pourtant, un rapport d'étape de la Maison Blanche qualifiait les progrès en Irak d'"insatisfaisants", et ce pour près de la moitié des objectifs assignés à Bagdad par le Congrès américain. Six mois après l'annonce d'une nouvelle stratégie américaine pour ce pays, le document précise notamment que le gouvernement irakien "a fait des progrès insatisfaisants pour accroître le nombre de forces de sécurité irakiennes pouvant opérer de manière autonome".
Le texte reproche aussi un manque d'efforts du "gouvernement irakien pour développer des programmes de désarmement efficaces pour les milices". Il relève aussi que le Parlement irakien a échoué pour l'instant à adopter, et même à commencer à examiner, une loi décisive pour l'industrie pétrolière du pays qui pourrait atténuer les hostilités entre communautés. Il critique également le gouvernement du Premier ministre Nouri al-Maliki qui n'a pas réussi à obtenir une loi facilitant l'accès à des postes publics pour les anciens membres du parti Baas de Saddam Hussein. Une loi jugée indispensable par les responsables américains pour atténuer les tensions entre chiites et sunnites.
L'Iran et la Syrie accusées
Par ailleurs, le rapport met en cause l'Iran et la Syrie, deux pays accusés de contribuer aux attaques menées contre les Irakiens et les forces américaines en Irak. "Nous voyons peu de changement dans la politique de l'Iran visant à une défaite américaine, via un soutien financier et matériel aux attaques contre les civils et les militaires américains en Irak", précise le document, dont la version définitive est attendue pour septembre.
Malgré les conclusions de ce rapport d'étape, l'administration américaine assure qu'il est trop tôt pour tirer des conclusions définitives sur la nouvelle stratégie américaine pour l'Irak, annoncée en janvier dernier. 30.000 soldats supplémentaires avaient alors été envoyés en renfort pour tenter de pacifier le pays. Pourtant, le temps presse. Selon une loi récemment adoptée par le Congrès, George Bush doit obtenir rapidement des progrès sur chacun des 18 objectifs, sans quoi il pourrait être contraint de proposer des changements de stratégie et subir une réduction de crédits pour financer la guerre.
Le président américain a toutefois exclu tout retrait des troupes américaines. Au cours de sa conférence de presse, il a réaffirmé qu'il opposerait son veto à toute loi qui exigerait un retrait précipité d'Irak. "Je ne pense pas qu'il revienne au Congrès de mener la guerre", a déclaré le président. "Essayer de mener la guerre par l'action législative est une recette pour l'échec." La Chambre des représentants a toutefois voté jeudi une loi qui exige que les troupes américaines soient retirées d'Irak au plus tard le 1er avril 2008. Le président Bush avait déjà opposé son veto à un projet de loi similaire en mai dernier.
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