George W. Bush et Vladimir Poutine © TF1/LCIJamais sans doute depuis la fin de la guerre froide les relations entre Etats-Unis et Russie n'avaient été aussi mauvaises. Rien de tel alors, pour détendre l'atmosphère, qu'un petit dîner et une promenade en mer... Après un dîner au homard, George W. Bush et son homologue russe Vladimir Poutine, arrivé dimanche dans la résidence familiale du président américain à Kennebunkport, sur la côte atlantique, doivent continuer ce lundi dans ce cadre détendu leurs discussions informelles pour apaiser les tensions récentes.
Depuis quelques semaines, les deux dirigeants multiplient en effet les amabilités. Le 9 mai, dans un discours sur la Place rouge, Vladimir Poutine traçait un parallèle entre la politique des Etats-Unis et celle du IIIe Reich. Le 5 juin, à Prague, George W. Bush fustigeait l'état de la démocratie en Russie, où "on a fait dérailler les réformes autrefois promises".
Bush père pour accueillir Poutine à sa descente d'avion
Les dossiers les plus difficiles sont donc bien présents à Kennebunkport. Concernant le projet américain d'installation d'un radar en République tchèque et de missiles intercepteurs en Pologne, visant à protéger les alliés européens contre la menace "d'Etats voyous" comme l'Iran, le président russe compte bien avoir une réponse à sa contre-proposition faite le 8 juin. Vladimir Poutine avait évoqué comme alternative l'utilisation commune d'une station radar exploitée par la Russie en Azerbaïdjan, mais depuis, aucune réaction officielle de Washington. Autre sujet qui fâche et sur lequel les deux hommes peinent à s'entendre : l'indépendance du Kosovo (Bush la défend, Poutine s'y oppose). De même que les dossiers explosifs des programmes nucléaires iranien et nord-coréen... Rien de concret ne devraient cependant filtrer. "Je n'attends rien. nous avons signifié assez clairement que nous n'attendons pas d'annonce majeure", a déclaré lundi le porte-parole de la Maison Blanche.
Mais par dessus tout, cette rencontre détendue devrait, espère-t-on à Washington, permettre aux deux hommes d'améliorer leurs relations personnelles dans l'intérêt bien compris de la diplomatie des deux pays. Bush père lui-même, qui avait déjà l'habitude d'inviter les grands de ce monde dans la fameuse résidence de Kennebunkport, a payé de sa personne en accueillant le président russe à sa descente d'avion dimanche après-midi, avant de l'emmener avec son fils ce lundi sur son bateau. Ce qui a déjà permis à Dmitri Peskov, porte-parole adjoint du Kremlin, de commenter, avec un optimisme de circonstance : "Des présidents au bord de la guerre froide ne s'invitent pas dans la maison de leur père".
Manifestations anti-Bush à Kennebunkport |
Plusieurs centaines de manifestants se sont rassemblés dimanche à proximité de la résidence, au son de chants pacifistes et sous des pancartes proclamant "Arrêtez la guerre, faites rentrer nos soldats", ou réclamant la destitution de George Bush et de son vice-président Dick Cheney. Il s'agit de "restaurer la démocratie, réclamer des comptes à Bush et Cheney pour nous avoir engagés dans une guerre immorale et illégale, pour la torture, les crimes de guerre", a dit Jamilla El-Shafei, principale organisatrice. Mais Vladimir Poutine lui-même "ne s'en tirera pas à bon compte", a-t-elle dit en évoquant la Tchétchénie et le recul de la démocratie. |
D'après agence
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