Alberto Gonzales © TF1/LCIAprès Karl Rove, son principal conseiller et "éminence grise" il y a deux semaines (cliquez ici pour lire notre article), George W. Bush perd un nouveau fidèle. Son ministre de la Justice, Alberto Gonzales, a en effet démissionné ce lundi. Officiellement, sa décision, qui prendra effet le 17 septembre, n'a rien à avoir avec la tourmente politique dans laquelle il se trouve depuis plusieurs semaines.
Alberto Gonzales, âgé de 52 ans et en poste depuis février 2005, est en effet visé par une enquête interne au sein de son propre ministère pour l'éviction de neuf procureurs fédéraux en 2006. Selon les démocrates, ces licenciements s'apparentaient à une purge politique. Alberto Gonzales est aussi dans le collimateur des associations de défense des libertés civiques, qui le considèrent comme l'un des principaux responsables des excès des politiques antiterroristes, et notamment d'un programme d'écoutes illégales. On lui reproche enfin d'avoir profité, alors qu'il était conseiller du président à la Maison Blanche, de l'état de santé défaillant de son prédécesseur, John Ashcroft, pour faire avaliser la loi sur les écoutes téléphones sans mandat judiciaire (cliquez ici pour lire notre article).
Eloge de Bush
Pour protester contre l'attitude d'Alberto Gonzales, notamment ses témoignages contradictoires devant la commission d'enquête parlementaire, quelques Représentants démocrates avaient lancé fin juillet la première étape de la longue procédure qui aurait pu aboutir à un "impeachment" (destitution). Même si celle-ci n'avait quasiment aucune chance d'aboutir, il a donc préféré passer par la main dans "le meilleur intérêt de son ministère" et pour ne pas gêner la Maison Blanche. Dans un communiqué, il s'est contenté de remercié George W. Bush de son amitié et s'est réjoui "d'avoir obtenu le privilège de diriger le département de la Justice".
Le président américain a soutenu jusqu'au bout Alberto Gonzales. "C'est un homme fait d'intégrité, de décence et de principes, qui est devenu un ami proche", a-t-il lancé. Il a exliqué avoir accepté "avec réticence". "Il est triste que nous vivions à une époque où on empêche une personne douée et honorable comme Alberto Gonzales d'accomplir une tâche importante parce que son nom respecté est traîné dans la boue pour des raisons politiques", a-t-il conclu.
Un remplaçant ? |
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