Le ministre de la Justice de Bush dans la tourmente

le 02 août 2007 à 16h03 , mis à jour le 02 août 2007 à 18h16

Alberto Gonzales, empêtré dans plusieurs affaires pour lesquelles il est entendu par le Sénat, refuse de démissionner. Une procédure de destitution pourrait être lancée.

[Expiré] [Expiré] alberto gonzales © AFP/T. Sloan

George W. Bush devra-t-il se séparer de son ministre de la Justice ? Le président américain est encore loin de cette extrémité, mais les ennuis d'Alberto Gonzales font grand bruit aux Etats-Unis. Le ministre de la Justice est actuellement entendu par le commission des Affaires judiciaires du Sénat dans le cadre de plusieurs affaires. On lui reproche notamment d'avoir licencié, juste après son entrée en fonctions en février 2005, plusieurs procureurs pour des raisons en partie politiques.

Il est également dans le collimateur sur son rôle lors de l'établissement des lois anti-terroristes prises après le 11 Septembre -à l'époque, il était conseiller de George W. Bush à la Maison Blanche. Ces sujets aboutirent à de fortes divergences  entre la Maison Blanche et le ministère de la Justice sur les questions de renseignements et d'écoutes téléphoniques.

Visite à l'hôpital
 
Après avoir déjà irrité les sénateurs par des réponses évasives et contradictoires, un nouvel élément est venu alourdir le dossier. L'histoire se passe en 2004 et concerne le programme autorisant des écoutes téléphoniques sans mandat judiciaire. Pour valider le texte, le président Bush doit obtenir la signature de son ministre de la Justice de l'époque, John Ashcroft. Juste avant la date limite pour la ratification, ce dernier, victime d'un cancer, est hospitalisé alors qu'il n'a toujours pas paraphé le projet. Explication de James Comey, son adjoint : John Ashcroft, opposé à ces écoutes pour des raisons de respect de la vie privée, ne souhaite pas qu'elle en entre en vigueur. James Comey, devenu Attorney General par intérim, partage la même opinion et ne ratifie pas  non plus le document. 

Alberto Gonzales entre alors en jeu. Accompagné de  Andy Card, le chef de cabinet du président, il se rend à l'hôpital où est soigné John Ashcroft, la veille de l'expiration de la ratification, pour rencontrer le malade et obtenir sa signature. En pure perte.
 
Soutien de Bush
 
Entendu comme témoin par le Sénat sur cet événement, James Comey, témoin de la scène à l'hôpital entre Gonzales, Ashcroft et Card, indique "avoir assisté à une tentative de tirer avantage d'un homme très malade". Le 24 juillet, à l'occasion d'une nouvelle audition, le sénateur républicain Arlen Specter  revient sur le sujet et demande à Gonzales : "Comment pouviez-vous obtenir  l'approbation d'Ashcroft pour quoi que ce soit alors qu'il était sous sédatifs ?". Gonzales répond qu'il "était bien évidemment préoccupé par l'état d'Ashcroft". Mais maintient que sa décision n'était nullement illégale et que lui et Andy Card "n'auraient pas cherché à obtenir l'approbation d'Ashcroft s'il n'était pas en pleine possession de ses moyens".  Il se retranche également derrière le fait qu'il n'y avait "pas de loi pour savoir si Ashcroft puisse ou non décider lui-même s'il était capable de prendre ou non la décision". Réplique du sénateur : en passant l'intérim à James Comey, "Ashcroft avait renoncé de fait à son autorité de ministre de la Justice".
 
Conséquence de toutes ces contradictions : les appels à la démission d'Alberto Gonzales se multiplient. Celui-ci, fort du soutien de la Maison Blanche, refuse. Pour protester, plusieurs Représentants démocrates ont lancé mardi la première étape qui pourrait conduire in fine à la procédure dite d'"impeachement" (destitution). On en est encore loin, puisqu'il faut que cette résolution soit tout d'abord examinée puis votée par le Chambre des représentants, avant d'être éventuellement transmise au Sénat, qui serait alors chargé de l'enquête proprement dite. Il faudrait ensuite que 2/3 tiers des cent Sénateurs votent contre Gonzales pour le destituer.

le 02 août 2007 à 16:03
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1 Commentaires

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  • Bob, le 03/08/2007 à 09h32

    Comme Chirac, Bush joue la montre, et comme Chirac il risque bien de garder son avance sur le peloton :-(. De toute façon dans 18 mois il y aura un nouveau président...

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