Guérilleros des Farc en Colombie © TF1/LCILe père d'un caporal de l'armée colombienne, otage de la guérilla des Forces armées révolutionnaires de Colombie depuis plus de neuf ans, est arrivé mercredi place Bolivar dans le centre de Bogota, au terme d'une marche de plus de 900 km à travers le pays destinée à faire pression sur les rebelles et le gouvernement pour la libération de son fils.
Gustavo Moncayo, dont le fils Pablo est otage des FARC depuis 1997, était accompagné par des milliers d'habitants de la capitale venus le soutenir pour obtenir la libération des otages détenus par les groupes armés. "Nous les Colombiens, sommes tous coupables car nous n'avons rien fait pour les otages", a-t-il déclaré depuis la tribune de la place Bolivar. Avec cette marche "nous avons défié tout le monde, sorti de l'indifférence le peuple colombien". Dans son discours retransmis par tous les médias, l'enseignant a dénoncé tour à tour la pauvreté, le travail des enfants, la misère des communautés indiennes et noires mais a prôné avant tout la libération des otages.
Le "marcheur pour la paix" bienvenu à Bogota
Il avait entamé sa marche il y a 45 jours en compagnie de sa fille depuis son village de Sandona, dans le département de Narino. Au cours de son voyage, cet enseignant a obtenu plus de deux millions de signatures de soutien à la cause de son fils. "Ce qui se passe aujourd'hui me donne un espoir immense", a déclaré Yolanda Pulecio, la mère d'Ingrid Betancourt, venue accueillir le professeur comme des centaines de parents d'otages. Gustavo Moncayo a annoncé avant son arrivée à Bogota qu'il ne quittera pas la place Bolivar, où se trouvent les principales institutions de Colombie, avant d'obtenir un échange humanitaire pour son fils et les autres otages.
Le ministre de l'Intérieur, Carlos Holguin, dont le gouvernement est hostile à cet échange humanitaire, selon les conditions imposées par la guérilla, avait qualifié cette décision "d'irréaliste". Toutefois, le maire socialiste de Bogota, Lucio Garzon, avait indiqué mardi soir que le "marcheur pour la paix" pouvait s'arrêter "où il voulait et que sa municipalité lui donnera les garanties nécessaires" à son séjour, en signe de solidarité avec le professeur. Deux tentes ont donc été dressées place Bolivar pour permettre à Gustavo Moncayo et à son épouse d'y passer la nuit. Et en attendant de parler au président Alvaro Uribe, le marcheur a pu rencontrer au siège de la Conférence épiscopale 17 ambassadeurs, dont les trois représentants des pays européens qui jouent un rôle de médiateurs dans le conflit : la France, l'Espagne et la Suisse.
D'après agence
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