Le général David Petraeus, commandant de la force multinationale en Irak (10 septembre 2007) © TF1/LCILe général David Petraeus, commandant de la force multinationale en Irak, est attendu devant le Congrès à 12h30 locales (soit 18h30, heure française) pour une audition qui suscite aux Etats-Unis un intérêt historique. Son témoignage devant les commissions réunies des Forces armées et des Affaires étrangères de la Chambre des représentants s'annonce en effet comme le premier acte d'une semaine décisive au cours de laquelle le président George W. Bush doit annoncer aux Américains sa "vision" de la stratégie à adopter dans ce pays.
Accompagné de l'ambassadeur des Etats-Unis en Irak, Ryan Crocker, le général Petraeus sera entendu lundi et mardi. Les deux hommes devraient subir le feu croisé de nombreux élus démocrates exigeant que les troupes commencent à se retirer d'un conflit qui a tué plus de 3700 soldats américains, ainsi que des dizaines de milliers d'Irakiens, et englouti des centaines de milliards de dollars. George W. Bush a d'ores et déjà annoncé qu'il s'adresserait aux Américains dans la semaine, à l'issue de ces auditions. Il doit aussi remettre au Congrès un rapport sur la situation en Irak.
Le rapport sur l'Irak, "un document politique"
Selon le New York Times, le général David Petraeus devrait demander un délai supplémentaire de six mois avant de recommander ou non une réduction significative du niveau des troupes américaines dans ce pays. Le général a d'ores et déjà indiqué au président Bush qu'un groupe
d'environ 4000 soldats, soit la taille d'une brigade, pourrait quitter l'Irak vers la mi-décembre, ajoute la quotidien.
De son côté, le Washington Post avance que le général Petraeus va soutenir devant le Congrès que les violences confessionnelles ont baissé de 75%. Mais le GAO, organisme américain indépendant chargé des audits pour le Congrès, a exprimé des doutes sur la réalité de la baisse des violences, son contrôleur général, David Walker, évoquant une "différence significative" d'approche entre le GAO et le Pentagone sur le sujet. Et Tom Lantos, président démocrate de la commission des Affaires étrangères de la Chambre, a déjà qualifié le rapport à venir du président Bush de "document politique, rédigé à Washington par ceux qui voient l'Irak non tel qu'il est, mais comme ils aimeraient qu'il soit".
Ce scepticisme est partagé par une majorité d'Américains qui, selon un sondage Washington Post-ABC publié dimanche, sont 53% à penser que Petraeus va présenter un rapport exagérément optimiste de la situation. Même au sein de la hiérarchie militaire, la stratégie du président Bush provoque des dissensions, a rapporté dimanche le Washington Post en faisant état d'un désaccord entre le général Petraeus et son supérieur hiérarchique, l'amiral William Fallon. L'amiral Fallon, qui n'était pas favorable aux renforts, estime qu'ils mobilisent des troupes qui seraient nécessaires sur d'autres théâtres d'opérations.
D'après agence
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