Irak : Un premier retrait de troupes dès décembre ?

le 10 septembre 2007 à 19h57 , mis à jour le 11 septembre 2007 à 11h44

Auditionné par le Congrès, le général David Petraeus a proposé le retrait d'environ 4000 hommes avant la fin de l'année.

général américain irak petraeusLe général David Petraeus, auditionné par le Congrès le 10 septembre 2007 © TF1/LCI

La presse annonçait un délai de six mois pour trancher sur une réduction des troupes sur place. Mais le général David Petraeus, commandant en chef des forces alliées en Irak, a assuré qu'une première réduction de troupes américaines en Irak pourrait intervenir d'ici à la fin de l'année. Devant le Congrès, le plus haut gradé américain en Irak a estimé que les objectifs militaires des renforts envoyés dans le pays étaient "largement atteints" et qu'un premier retrait militaire d'environ 4000 hommes pourrait donc être effectué dès décembre, suivi de réductions progressives pour parvenir à l'été prochain au niveau de début 2007, soit 130.000 hommes.

"Les objectifs militaires de l'envoi de renforts sont largement atteints", a-t-il jugé lors d'un témoignage très attendu sur l'évolution de la situation en Irak, devant les commissions réunies des Forces armées et des Affaires étrangères de la Chambre des représentants. "Nous serons en mesure de réduire nos effectifs, en termes de brigades de combat, à leur niveau d'avant l'envoi de troupes supplémentaires d'ici à l'été prochain sans remettre en cause les gains sécuritaires que nous avons eu tant de mal à obtenir", a-t-il dit.

Le général a toutefois assuré qu'un retrait prématuré d'Irak serait "catastrophique". Actuellement, environ 168.000 militaires américains sont stationnés en Irak. Selon l'ambassadeur des Etats-unis à Bagdad, Ryan Crocker, également auditionné par le Congrès, un retrait des troupes américaines en Irak ferait même de l'Iran le grand gagnant, en lui donnant accès aux ressources et à une partie du territoire irakien, a-t-il prévenu. "Abandonner ou réduire drastiquement nos efforts conduirait à l'échec et il faut que les conséquences d'un tel échec soient claires", a-t-il déclaré, ajoutant que "l'évolution actuelle est difficile" mais que "les alternatives sont bien pires".

Les objectifs atteignables

Ryan Crocker a assuré que les Etats-Unis "peuvent atteindre leurs objectifs" en Irak. Il a même dit avoir "l'intention de démontrer que (...) les Irakiens sont capables de s'attaquer à leurs problèmes et d'y répondre". "Il est possible de parvenir à un Irak sûr, stable, démocratique et en paix avec ses voisins", a ajouté l'ambassadeur américain.

Par ailleurs, le général David Petraeus a estimé que l'Iran mène une guerre contre l'Etat irakien et les forces de la Coalition par milices chiites interposées. "Il apparaît de plus en plus évident que l'Iran (...) cherche à transformer les milices irakiennes en une force semblable au Hezbollah, afin de servir ses intérêts et de mener une guerre par procuration contre l'Etat irakien et les forces de coalition en Irak", a-t-il déclaré au cours de son témoignage.

L'Irak ne s'inquiète pas d'un retrait des troupes américaines

En réponse à l'audition du général David Petraeus, un porte-parole du gouvernement irakien a estimé que l'Irak s'accommoderait d'un retrait progressif des forces américaines pour autant que ce projet fasse au préalable l'objet de discussions avec le gouvernement. "Je ne pense pas qu'un retrait progressif convenu avec les Irakiens pose problème", a dit Ali al Dabbagh, précisant toutefois qu'"un retrait soudain n'est dans l'intérêt de personne, ni dans la région, ni en Irak".

(D'après agence)

le 10 septembre 2007 à 19:57
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