Erik Prince, le PDG de Blackwater © TF1/LCIBlackwater s'est fait connaître du grand public américain en 2004 après que quatre de ses employés ont été lynchés à Falloujah. Cette société américaine de sécurité privée, la principale à agir en Irak, est notamment chargée par le Département d'Etat d'assurer la protection de ses diplomates.
Ses contrats avec le gouvernement américain lui ont permis d'engranger près d'un milliard de dollars depuis 2001. Ses employés sont en grande majorité d'anciens membres des forces spéciales qui trouvent un salaire bien supérieur à celui que leur versait l'armée. Avec, selon de nombreux témoignages et d'après le rapport du Congrès, une tendance à tirer d'abord puis à discuter ensuite. Au total, le Congrès américain affirme ainsi que Blackwater a été impliqué dans au moins 195 "incidents" en Irak depuis 2005.
Comme, par exemple, le 16 septembre dernier à Bagdad. Au passage d'un convoi encadré par Blackwater, une fusillade aux circonstances encore obscures a coûté la vie à une quinzaine d'Irakiens. Quatre enquêtes différentes ont été ouvertes pour déterminer les responsabilités exactes, mais il semble que l'incident a débuté lorsqu'un garde de Blackwater a ouvert le feu sur une voiture qui croisait son convoi.
"Blackwater nous aide-t-elle ?"
Mardi, Erik Prince, le fondateur et PDG de Blackwater, s'est donc retrouvé devant une commission du Congrès pour s'expliquer sur les activités de son entreprise. Concernant la fusillade du 16 septembre, qui a valu à sa société une interdiction d'exercer en Irak après les protestations du gouvernement irakien -interdiction non respectée par l'ambassade qui continue à faire appel à Blackwater-, il a nié toute responsabilité de ses hommes. "Ils ont agi de manière appropriée. Il y a eu une série de jugements hâtifs, fondés sur des informations inexactes, et de nombreux rapports ont injustement attribué à Blackwater la responsabilité de la mort d'un nombre variable de civils", a-t-il affirmé. "Le Congrès ne doit pas se baser sur ces affirmations avant qu'elles ne soient avérées", a-t-il ajouté.
Les membres de la Commission d'enquête ont pour leur part vivement critiqué Blackwater pour l'ensemble de ses activités. La société est par exemple soupçonnée d'avoir livré des armes sans les autorisations nécessaires. "Blackwater, une société de sécurité privée, nous aide-t-elle en Irak ou entrave-t-elle notre action ?", s'est interrogé Henry Waxman, le député démocrate de Californie qui dirige la Commission. "Pourquoi privatisons-nous notre armée au profit d'une organisation agressive, et qui, dans certains cas, se montre imprudente dans la conduite de sa mission", s'est demandée Carolyn Maloney, sa collègue de New York.
En réaction à l'audition, le Premier ministre irakien Nouri al-Maliki a estimé que "l'abondance de preuves contre Blackwater démontre que cette société est inapte au travail en Irak".
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