Nobélisé, Gore se (re)lancera-t-il à la Maison Blanche?

Par , le 12 octobre 2007 à 15h42 , mis à jour le 15 octobre 2007 à 09h22

Analyse - L'ancien vice-président américain, qui a reçu le prix Nobel de la Paix, n'a pas exclu formellement une nouvelle tentative. Sans être candidat, il est crédité d'environ 15% des voix pour les primaires démocrates, bien loin d'Hillary Clinton

TF1-LCI, Al GoreAl Gore © LCI

Pour l'instant, il n'est officiellement candidat à rien, et surtout pas à l'investiture démocrate pour la Maison Blanche. Néanmoins, Al Gore, battu dans les conditions que l'on sait en 2000 par George W. Bush, reste pragmatique et n'a pas encore fermé la porte à une nouvelle tentative. "Je suis en politicien en cure de désintoxication. Mais il faut toujours se méfier d'une possible rechute. Je n'ai pas exclu de me présenter, mais je ne pense pas que cela ait des chances de se produire" expliquait récemment l'ancien vice-président de Bill Clinton à l'hebdomadaire Time
 
Certains sondages prennent d'ailleurs en compte l'éventualité de sa candidature aux primaires du parti de l'âne et sont réalisés en tenant compte de deux hypothèses.  Pour l'instant, avec l'option "Al Gore candidat", le prix Nobel de la Paix 2007, âgé de 59 ans, tourne entre 10% et 15% des intentions de vote, juste derrière John Edwards, pas très loin de Barack Obama (20%), tout en étant très largement distancé par Hillary Clinton (40%). Ce score, plutôt élevé pour un "retraité" de la politique, s'explique par son omniprésence médiatique depuis qu'il est devenu le héraut de la menace représentée par le réchauffement climatique. Entre promotion, conférences et victoire aux Oscars pour le documentaire Une vérité qui dérange et les initiatives "Live earth" -notamment les méga-concerts-, il est de fait revenu sur le devant de la scène politique américaine.
  
Pour Draft Gore, le Nobel tombe à pic 
 
La récompense peut-elle cependant faire changer d'avis celui qui se surnomme lui-même l'"ex-futur président des Etats-Unis d'Amérique" ? Ses récentes déclarations semblent montrer qu'il se préfère vraiment dans son nouveau rôle plutôt qu'en politicien à l'ancienne. "Je suis tombé en désamour avec la politique, où les candidats doivent limiter leur message à une phrase pour les journaux télévisés du soir. Si je fais bien mon travail, tous les candidats vont parler de la crise climatique. Et je ne suis pas convaincu que la présidence soit le meilleur rôle que je puisse jouer", souligne-t-il.
 
Reste à savoir s'il se laissera griser par son prix et surtout convaincre par ses partisans de Draft Gore. Mercredi, ceux-ci ont publié une pleine page dans le New York Times et diffusé des messages sur plusieurs chaînes de radio pour lui demander de se lancer dans la course. Evidemment, ils n'auraient pas pu rêver mieux que l'attribution du Nobel pour catapulter leur poulain vers une candidature de la 23e heure. "Beaucoup de gens vont l'appeler. C'est très difficile de prévoir ce qu'il décidera", estimait vendredi John Dickerson, un politologue américain sur CNN. Pour sa femme, la réponse ne fait aucun doute : "Il ne veut pas y aller", assurait Tipper Gore il y a quelques jours encore. "Il a accès à tous les dirigeants, dans tous les pays, dans le monde des  affaires, à des gens de toute obédience politique -il peut faire ce qu'il veut, partout dans le monde, aussi longtemps qu'il le veut- c'est ça la liberté !  pourquoi y renoncer ?" interrogeait-elle.
 
Trop tard pour rattraper Hillary ?
 
Si jamais il était tenté, c'est surtout la situation à l'intérieur du camp démocrate qui pourrait freiner la "rechute" d'Al Gore. L'avance d'Hillary Clinton ne concerne pas que les sondages mais aussi et surtout l'argent, nerf de la guerre de la bataille présidentielle. La sénatrice de l'Etat de New York a ainsi amassé 70 millions de dollars et a su rassembler autour d'elle la fine fleur des conseillers et experts démocrates. Al Gore partirait donc avec un désavantage indéniable. Il lui faudrait alors quasiment tout miser sur les premières primaires d'Iowa et du New Hampshire, qui donneront le ton mi-janvier, pour espérer avoir une chance d'inverser la tendance par la suite.
 
Le pari en vaut-il la peine, quand on sait que les défenseurs de l'environnement sont loin d'être populaires outre-Atlantique ? "Il n'y a pas de meilleur endroit pour lutter contre le réchauffement climatique que le bureau ovale" analyse Sherry Bebitch Jeffe, professeur de sciences politiques à l'Université de Californie du sud à Los Angeles. Président des Etats-Unis d'Amérique, Al Gore, outre se venger de son amère défaite de 2000, se retrouverait il est vrai au poste idéal pour appliquer les idées qui lui tiennent le plus à cœur. Il pourrait par exemple signer le protocole de Kyoto, qu'il a négocié du temps de sa vice-présidence, mais que George W. Bush refuse de ratifier.

Par Fabrice Aubert le 12 octobre 2007 à 15:42
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13 Commentaires

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  • Alex, le 13/10/2007 à 11h47

    Je suis d'accord avec Rozenn, j'espere qu'il va se presenter. je suis republicain et j'ai vote pour Bush en 2004 car je n'aimais pas Kerry. Mais mlaheureusement Rozenn, Al gore a perdu en l'an 2000 parce qu'il avait choise Lieberman comme VP. S'il avait choise un homme comme Edwards ou Biden, il aurait facilment battu Bush. Il ne faut pas etre tetu et reste cloitre sur un aprti unique. Il faut etre franc et savoir qu'Al Gore a beaucoup de qualites et de competences piour etre president. Je pense que c'est a caus ede Hillary Clinton qu'il ne veut pas se presenter. Mais peut etre il sera choisi comme VP si hallary gagne la nomination democrate. Mais je said que je vais vote soi pour Fred Thompson, soi pour Joe Biden ou Al Gore. On verra...

  • Francis, le 13/10/2007 à 10h21

    ENTRE HILLARY EY GORE ,PAS DE PROPLEMES POUR SE PRESENTER ,ILS SONT AUSSI NULS L'UN QUE L'AUTRE ALLEZ THOMPSON OU TERMINATOR ,VOUS ETES LES PLUS FORTS

  • Manu, le 13/10/2007 à 07h18

    Je me rappelle surtout de lui en 1998 à Kyoto quand il expliquait que les US ne baisseront pas les gaz à effet de serre, il était alors vis-president sous clinton. Quand il a perdu face à Bush, le voilà devenu écolo ??? quelle blague. On lui donne le nobel de la paix en plus. Franchement lamentable.

  • Noelle, le 13/10/2007 à 00h13

    Du vent...

  • Bono, le 12/10/2007 à 22h41

    Les Etats-Unis, Russie, Chine, France et UK etant les premiers vendeurs d'arme de guerre du monde et deplus ayant droit de veto a L'ONU , il me semble inconcevable d'attribuer le prix de la paix a l'un de leur ressortissant fut-il vice-president. Pourqoui ne pas l'avoir donne a Chirac pour son "non-ingereance" en Irak ??

  • Clairevoyance, le 12/10/2007 à 21h47

    Quant a Georges Bush, il merite quant a lui le Prix Nobel de la... Guerre...

  • Rozenn, le 12/10/2007 à 20h47

    Si seulement les américains avaient voté pour lui ..... j'espère qu'il se représentera !

  • PATIN Didier, le 12/10/2007 à 20h46

    Il y a t'il un prix Nobel de l'écologie ???????? Quelle différence entre un prix Nobel de la Paix et un prix Nobel de l'Ecologie, I don't understand !!!!!!!!!!!!!!!!!

  • Pascal, le 12/10/2007 à 20h36

    Des guerres sont déjà déclarées pour avoir accès à l'eau potable ou à des terres fertiles. Il n'y a plus d'idéologies derrière les guerres modernes, tout juste des interets économiques et environementaux. Nobel de la Paix = Nobel de l'Ecologie ;o)

  • Creek83, le 12/10/2007 à 19h17

    C'est trés bien que le prix nobel lui soit attribué pour son action en faveur notre planéte! Mais pourquoi vu l'enjeu que représente la défense de l'environnement, la commission n'a pas tout simplement créé un prix nobel de l'écologie? En attribuant ce nouveau nobel à Al Gore le signal aurait été encore plus fort!

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