Un bombardier B-52 de l'armée de l'air américaine (5 septembre 2007) © TF1/LCI"Rien de tel ne s'était jamais produit". Le commentaire du général Richard Newton lors de la présentation des résultats de l'enquête donne une idée de l'émoi de l'armée américaine. Et de la lourdeur des sanctions...
Les faits remontaient au 30 août dernier. Un bombardier B-52 de l'armée de l'Air chargé par erreur de six missiles à tête nucléaire avait alors survolé les Etats-Unis du nord au sud. Précisons que ce type de missile peut transporter des charges allant jusqu'à 150 kilotonnes, soit dix fois la force explosive de la bombe larguée sur Hiroshima. L'appareil avait effectué un vol de plus de trois heures entre la base aérienne de Minot et celle de Barksdale. Tout en reconnaissant l'ampleur de la bourde, l'armée de l'Air avait tenté de minimiser en assurant que ces bombes n'auraient pas pu exploser en cas d'accident, en raison des garde-fous entourant ce type d'armes. Toutefois, selon les experts, il existait un risque de fuite de plutonium en cas de crash de l'avion ou de chute accidentelle de l'un des missiles. Et, pire peut-être que le transport aérien en lui-même, l'erreur n'avait été détectée qu'à l'atterrissage de l'avion et, au final, les fameux missiles étaient restés sans réel contrôle pendant 36 heures...
Enchaînement d'erreurs
Le vol du B-52 était bien prévu, les missiles de croisière étaient bien censés être transportés, mais leurs têtes nucléaires auraient dû être retirées avant qu'ils ne soient fixés sous les ailes de l'avion. Comment expliquer cette bourde incroyable ? L'enquête pointe une "série d'erreurs de procédure" et du laissez-aller dans les deux bases aériennes concernées à Minot, dans le Dakota du Nord, et à Barksdale, en Louisiane. La manipulation de munitions nucléaires est pourtant soumise à des procédures très strictes et codifiées qui doivent permettre de savoir à tout moment où se trouvent les armes mais prévoient également qu'elles ne soient jamais maniées par un seul militaire. "Le travail au jour le jour dans la zone de stockage des munitions était laxiste et manquait d'attention aux détails", affirme le général Newton, soulignant que les procédures en étaient devenues "informelles". Une série d'erreurs s'en est ensuivie, culminant avec l'inspection avant le vol de l'appareil : "L'équipage doit inspecter les munitions avant le départ. Ils ne l'ont pas fait".
Aujourd'hui encore, alors que sont annoncées les premières sanctions, l'armée dédramatise : "Notre enquête approfondie de six semaines a conclu qu'il s'agissait d'un cas isolé et que les armes n'ont jamais quitté la garde des soldats, n'ont jamais été sans protection", assure le général Newton. Néanmoins, précise-t-il, au moins quatre officiers ont d'ores et déjà été relevés de leurs fonctions, et d'autres sanctions disciplinaires sont à prévoir.
D'après agence
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