Hillary Clinton et Barack Obama, lors du débat démocrate du 15 novembre 2007 © TF1/LCIA moins de cinquante jours du début des primaires -le coup d'envoi est prévu le 3 janvier en Iowa-, Hillary Clinton fait toujours la course en tête dans les sondages pour l'investiture démocrate. Tout en restant confortable, sa marge d'avance s'est néanmoins réduite d'une dizaine de points environ depuis le début du mois face à son principal rival, Barack Obama.
C'est la conséquence d'un piètre débat télévisé il y a trois semaines où elle avait multiplié les contradictions sur deux sujets principaux, l'Irak et l'immigration. Ses concurrents ne s'étaient pas ensuite privés de surenchérir pour la mettre en porte-à-faux, l'accusant de naïveté et de manque de crédibilité. Son staff est également accusé d'avoir "téléguidé" des questions de spectateurs lambda lors d'une réunion publique en début de semaine en Iowa.
Bref, le nouveau débat télévisé de jeudi soir à Las Vegas était très attendu. Sans surprise, ses rivaux ont attaqué la sénatrice de New York bille en tête. Barack Obama, son challenger numéro un, tout en assurant que l'ex-First Lady était une "politicienne très capable", a déclaré que les Américains "avaient besoin de réponses claires à des questions difficiles et ce n'est pas ce que nous avons vu". Sur ce sujet, il l'a même comparée aux républicains. "Elle dit qu'elle va apporter le changement à Washington, alors qu'elle continue à défendre un système qui ne marche pas, qui est détraqué, qui est corrompu", a lancé pour sa part l'ancien sénateur John Edwards, en troisième position dans les sondages.
"Très à l'aise dans la cuisine"
La sénatrice de New York, visiblement à l'aise, préparée à la confrontration et très détendue, a vivement répliqué et a tenu tête en accusant ses adversaires de "vouloir la couvrir de boue". "Si quelqu'un lance des critiques, il devrait au moins s'assurer des faits et l'on pourrait espérer de la précision et pas des questions tout droit venues de l'argumentaire républicain" a-t-elle asséné.
Elle a nié par ailleurs vouloir jouer les victimes, après que ses conseillers ont suggéré qu'elle était attaquée parce qu'elle était une femme. "Je comprends très bien que l'on m'attaque, pas parce que je suis une femme, mais parce que je suis en tête", a-t-elle souligné, avant de citer une fameuse réplique de Harry Truman, président démocrate entre 1945 et 1953 : "si on ne supporte pas la chaleur, il faut sortir de la cuisine !". "Je me sens très à l'aise dans la cuisine", a-t-elle conclu (cliquez ici pour voir l'extrait, en anglais).
Séquelles ?
Le reste du débat a été de meilleure tenue, avec l'assurance maladie, la sécurité nationale et la situation au Pakistan comme principaux thèmes. A la fin, Hillary Clinton a eu droit à une question assez futile. Interrogée sur le fait de savoir si elle préférait "les perles ou les diamants", elle a répondu dans un grand rire : "les deux !"
Quoi qu'il en soit, cette bataille entre Hillary Clinton et ses deux challengers risquent de laisser des traces au moment de l'élection générale de novembre prochain face au candidat républicain. Deux autres prétendants du parti de l'âne, Bill Richardson et Chris Dodd, ont d'ailleurs mis en garde contre ces combats fratricides. "Quand une campagne ne consiste plus qu'à faire monter la pression ou à déterminer qui est le plus en colère et crie le plus fort, les Américains ne s'y intéressent plus", prévient Chris Dodd. Sera-t-il entendu ? Réponse dans les jours qui viennent.
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