© DREn dépit de la crise des prêts dits "subprime", les Etats-Unis ont retrouvé cette année la première place du classement de la compétitivité publié mercredi par le Forum économique mondial. La méthode de calcul a changé et elle est très controversée.
Le Forum a "amélioré sa méthode de calcul de la compétitivité en se fondant désormais sur 12 'piliers' (ensembles de critères) d'évaluation", a expliqué un porte-parole de ce club très fermé qui organise des rencontres annuelles de dirigeants politiques et économiques du monde entier à Davos, dans les Alpes suisses. Dans le classement publié l'année dernière, les Etats-Unis étaient relégués au 6e rang mondial tandis que la Suisse prenait la place de leader. Avec la nouvelle méthode de calcul, les Etats-Unis n'auraient en fait jamais dû quitter le haut du classement, et la Suisse était en réalité l'année dernière en 4e position.
Décalage
Les pays d'Europe du Nord -Danemark (3e), Suède (4e) et Finlande (6e)- demeurent dans le haut du tableau, de même que l'Allemagne (5e). La France reste au 18e rang mondial mais a été rétroactivement promue à la 15e place dans le classement de l'année dernière. Elle doit surtout son maintien dans les 20 premiers à ses excellentes infrastructures (2e), notamment pour le transport et les communications, mais continue à pâtir de la rigidité de son marché du travail (129e sur 131 pays).
Selon l'agence française pour les investissements internationaux (AFII), le 18e rang mondial attribué à la France, "ne correspond pas à la réalité de l'attractivité" hexagonale. "En termes méthodologiques, ce classement est réalisé pour les trois quarts à partir d'une enquête auprès de cadres d'entreprises qui a été menée début 2007", souligne l'AFII. "Elle ne prend donc pas en compte les premières réformes adoptées cette année par le nouveau gouvernement, comme par exemple la détaxation des heures supplémentaires ou l'amélioration du crédit d'impôt recherche", poursuit l'agence.
"Le classement du Forum économique mondial, c'est 80% de sondages d'opinion auprès de chefs d'entreprise et, au mieux, 20% de statistiques. En plus ils changent tout le temps de méthodologie : on y perd son latin et il n'est pas possible de comparer les résultats d'une année à l'autre", estime quant à lui Stéphane Garelli, directeur du Centre pour la compétitivité mondiale à l'école d'études commerciales IMD de Lausanne.
(D'après agence)
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