Un hélicoptère de la mission de récupération de 3 otages des Farc a atterri à Villavicencio, en Colombie, le 28 décembre 2007 © TF1-LCI 
Les proches de Clara Rojas attendent
Après plus de 48 heures d'attente -Hugo Chavez avait même évoqué la possibilité que la mission échoue- les choses pourraient enfin bouger. Le coordinateur de la mission chargée du rapatriement de trois otages des Farc aurait reçu les cordonnées du lieu de libération de la part de la guérilla, a annoncé la radio colombienne Caracol, citant des sources gouvernementales. Nous sommes "tout près, tout près" de la libération, a déclaré le ministre vénézuélien des Affaires étrangères, en appelant à une "plus grande patience".
Car il reste encore à connaître l'heure du rendez-vous. Les hélicoptères siglés de la Croix-Rouge, postés depuis vendredi à Villavicencio (à 100 km au sud-est de Bogota), pourront alors décoller pour aller récupérer les otages. Une question d'heures ? Ramon Rodriguez Chacin, désigné par le président vénézuélien comme coordinateur, fait en tous cas actuellement route depuis Caracas vers Villavicencio. Cet ancien ministre vénézuélien de l'Intérieur et de la justice est considéré comme un canal de communication entre Caracas et la guérilla.
C'est lui et lui seul qui pourra donner les coordonnées aux pilotes. L'émissaire colombien a confirmé sa venue sans confirmer l'information sur les corrdonnées. En attendant, deux nouveaux hélicoptères, disposant d'une meilleure marge de manoeuvre pour se rendre dans la jungle, ont arrivés à Villavicencio.
L'"Opération Emmanuel" au point mort depuis jeudi
Hugo Chavez, instigateur de l'opération baptisée "Opération Emmanuel" (du prénom du fils de Clara Rojas) sous l'égide du CICR, avait laissé planer samedi soir la menace d'un éventuel échec. "Si cela devait durer trois, ou quatre, ou cinq jours, pour des raisons de sécurité, cela pourrait s'effondrer et nous devrions penser à autre chose", avait ainsi déclaré le président vénézuélien. Les rebelles marxistes colombiens avaient annoncé le 18 décembre qu'ils étaient prêts remettre à Hugo Chavez Clara Rojas, l'ex-assistante de la sénatrice franco-colombienne Ingrid Betancourt, son fils Emmanuel né en captivité, et la parlementaire Consuelo Gonzalez.
La mission de récupération, doit se dérouler dans une zone de conflit entre la guérilla, l'armée régulière et les groupes paramilitaires d'extrême droite, liés au pouvoir. Cette opération est périlleuse. La Fédération internationale des Comités Ingrid Betancourt craint une intervention de l'armée colombienne dans la jungle pendant et après la libération des otages. La libération des trois otages constituerait un succès diplomatique pour Chavez, coutumier de violentes diatribes contre Washington et auquel le président colombien Alvaro Uribe avait retiré fin novembre le mandat de négocier avec les Farc. Elle pourrait ouvrir la voie à l'échange d'otages dits "politiques", dont Ingrid Betancourt, contre des guérilleros prisonniers.
Un avion militaire colombien, transportant une cinquantaine de soldats, a échappé à un tir de missile au sol, a annoncé dimanche l'armée de l'air, sur la radio Caracol. L'attaque, dont les auteurs n'ont pas été identifiés, s'est produite sur l'aéroport de Neiva, à 325 km au sud-ouest de Bogota. Plusieurs actions terroristes attribuées aux Farc ont eu lieu depuis le début de l'année dans cette région.
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