Les deux hélicoptères étaient toujours immobilisés à Villavicencio faute d'indications sur l'endroit où récupérer les otages © DR 
Les proches de Clara Rojas attendent
Le rendez-vous n'est en fait pas fixé. Alors que la radio Caracol avait annoncé à la mi-journée que les Farc avait enfin transmis un lieu où récupérer les 3 otages qu'ils doivent libérer en Colombie, le coordinnateur de la mission a nié cette information dimanche soir, affirmant que l'opération était reportée, pour le 3e jour consécutif. Ramon Rodriguez Chacin, désigné par le président vénézuélien comme coordinateur, est censé partir de Caracas vers Villavicencio. Cet ancien ministre vénézuélien de l'Intérieur et de la justice est considéré comme un canal de communication entre Caracas et la guérilla.
C'est lui et lui seul qui pourra donner les coordonnées aux pilotes. "La libération va se produire dans les prochains jours, mais je ne peux pas vous dire quel jour" à cause des précautions nécessaires de sécurité réclamées par la guérilla dans une "zone de conflit", a-t-il affirmé, ajoutant : "il n'y a pas de délai déterminé". Bogota a même autorisé l'extension de l'ouverture de son espace aérien de 72 heures supplémentaires. Nous sommes "tout près, tout près" de la libération, avait déclaré peu avant le ministre vénézuélien des Affaires étrangères, en appelant à une "plus grande patience". Le CICR a demandé lundi au Farc de se presser. Le président colombien Alvaro Uribe devait se rendre lundi à Villavicencio pour faire le point avec les délégués de la mission internationale.
Tout est prêt depuis vendredi pour cette récupération. Deux hélicoptères siglés de la Croix-Rouge sont postés depuis vendredi à Villavicencio (à 100 km au sud-est de Bogota) dans l'attente de décoller vers ce lieu de libération. Deux avions sont arrivés samedi, avec les émmissaires internationaux et deux autres hélicoptères, plus adaptés pour la jungle, sont arrivés dimanche. Le chef de la diplomatie vénézuélienne est à son tour arrivé lundi à Villavicencio.
L'"Opération Emmanuel" au point mort
Hugo Chavez, instigateur de l'opération baptisée "Opération Emmanuel" (du prénom du fils de Clara Rojas) sous l'égide du CICR, avait laissé planer samedi soir la menace d'un éventuel échec. "Si cela devait durer trois, ou quatre, ou cinq jours, pour des raisons de sécurité, cela pourrait s'effondrer et nous devrions penser à autre chose", avait ainsi déclaré le président vénézuélien. Les rebelles marxistes colombiens avaient annoncé le 18 décembre qu'ils étaient prêts remettre à Hugo Chavez Clara Rojas, l'ex-assistante de la sénatrice franco-colombienne Ingrid Betancourt, son fils Emmanuel né en captivité, et la parlementaire Consuelo Gonzalez.
La mission de récupération, doit se dérouler dans une zone de conflit entre la guérilla, l'armée régulière et les groupes paramilitaires d'extrême droite, liés au pouvoir. Cette opération est périlleuse. La Fédération internationale des Comités Ingrid Betancourt craint une intervention de l'armée colombienne dans la jungle pendant et après la libération des otages. La libération des trois otages constituerait un succès diplomatique pour Chavez, coutumier de violentes diatribes contre Washington et auquel le président colombien Alvaro Uribe avait retiré fin novembre le mandat de négocier avec les Farc. Elle pourrait ouvrir la voie à l'échange d'otages dits "politiques", dont Ingrid Betancourt, contre des guérilleros prisonniers.
Un avion militaire colombien, transportant une cinquantaine de soldats, a échappé à un tir de missile au sol, a annoncé dimanche l'armée de l'air, sur la radio Caracol. L'attaque, dont les auteurs n'ont pas été identifiés, s'est produite sur l'aéroport de Neiva, à 325 km au sud-ouest de Bogota. Plusieurs actions terroristes attribuées aux Farc ont eu lieu depuis le début de l'année dans cette région.
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