L'Assemblée du New Jersey © TF1/LCI![]() |
| Le témoignage d'un ancien condamné à mort |
"L'Europe n'a pas la peine de mort mais elle l'exporte"
Parce qu'un composant clef de l'injection létale est en rupture de stock aux Etats-Unis, certains Etats appliquant la peine de mort achète le barbiturique en Europe pour continuer leurs exécutions. Une situation que dénonce certains politiques et associations.
Publié le 27/01/2011
La décision a été accueillie avec joie par les associations de défense des droits de l'Homme. L'Assemblée (chambre basse) du New Jersey a adopté jeudi un projet de loi abolissant la peine de mort, faisant de cet Etat le premier des Etats-Unis à se prononcer en ce sens par un vote depuis plus de 40 ans. Le Sénat avait déjà voté en début de semaine, et l'Assemblée, où les démocrates majoritaires soutenaient cette mesure, a adopté le texte par 44 voix pour, 36 contre et aucune abstention, au terme de trois heures de débats retransmis sur le site officiel du parlement.
Pour être promulgué, le texte doit encore être signé par le gouverneur démocrate Jon Corzine, qui a déjà promis de le faire très rapidement. L'Iowa et la Virginie de l'ouest sont les derniers Etats à avoir voté en faveur de l'abolition de la peine de mort en 1965. Aucune exécution n'est survenue dans le New Jersey depuis 1963, mais huit condamnés à mort y sont actuellement détenus. La nouvelle loi substitue à la peine de mort une condamnation à la prison à perpétuité, sans possibilité de libération anticipée pour les crimes les plus graves.
Exécutions suspendues depuis le 25 septembre
Les débats ont été très animés entre adversaires et partisans de la peine de mort. "Regardez le sud des Etats-Unis, où les exécutions de condamnés sont fréquentes. Le taux de criminalité n'y est pas plus bas, au contraire", s'est exclamé Christopher Bateman, un républicain ayant voté pour l'abolition, contrairement à la plupart des autres députés de son parti. "Ces dispositions vont bénéficier à des criminels, à des meurtriers", a souligné pour sa part Richard Merkt, républicain, tandis qu'une députée, Marcia Karrow, républicaine également, a longuement évoqué "les monstres qui ont assassiné mes électeurs".
La décision du New Jersey intervient en plein débat aux Etats-Unis. La Cour Suprême doit déterminer si l'injection mortelle, qui peut être extrêmement douloureuse si elle est mal administrée, s'apparente aux traitements "cruels et inhabituels" interdits par la Constitution. La décision est attendue avant juillet 2008. Les exécutions sont de facto suspendues depuis le 25 septembre, date à laquelle la Cour suprême a annoncé qu'elle se saisissait du débat sur l'injection mortelle. Seul un condamné, Michael Richard a été exécuté au Texas (sud) quelques heures après l'annonce de la Cour.
(D'après agence)
Retour MYTF1

"L'Europe n'a pas la peine de mort mais elle l'exporte"
Chargement en cours...




