Le beau coup de Chavez

Par , le 10 janvier 2008 à 20h12 , mis à jour le 10 janvier 2008 à 23h14

Eclairage - La libération des deux otages valide la médiation du président vénézuélien et prouve qu'il est incontournable pour aboutir à une solution globale.

chavez bebe gonzalezHugo Chavez accueille les ex-otages des Farc au palais présidentiel, le 10 janvier 208 © TF1/LCI

Il n'a laissé à personne d'autre le soin d'annoncer officiellement la nouvelle au monde entier. Avec la libération de Clara Rojas et Consuelo Gonzalez, Hugo Chavez, considéré comme un paria par l'administration Bush, obtient il est vrai une victoire diplomatique. Et prouve qu'il est bel et bien l'acteur incontournable pour aboutir à un règlement global du conflit des otages détenus par les Farc.
 
Le président vénézuélien est intervenu dans le dossier en août dernier après avoir été chargé d'une médiation par son homologue colombien, Alvaro Uribe -celui-ci avait été plus ou moins contraint d'accepter l'intrusion de son encombrant voisin dans ses affaires. L'objectif de Hugo Chavez : négocier un "accord humanitaire" prévoyant la libération des centaines d'otages des Farc contre celle des guérilleros emprisonnés par Bogota. Pendant deux mois, les pourparlers se déroulent en coulisses.
 
Tensions avec Uribe

 
Courant novembre, premier rebondissement : Hugo Chavez affirme être en mesure de produire une "preuve de vie" d'Ingrid Betancourt. Il dit espérer pouvoir l'apporter lors de son voyage à Paris le 20 novembre. Mais son échec remet en cause sa crédibilité, au point que Alvaro Uribe décide de "limoger" son médiateur, sous prétexte qu'il a outrepassé son mandat. Mais la protestation des familles des otages, notamment celle d'Ingrid Betancourt, fait revenir le président colombien sur sa décision.
 
Fin novembre, la vidéo tant attendue finit par arriver, mais par "accident" puisqu'elle est découverte sur un guérillero capturé en pleine jungle. Néanmoins, avec un enregistrement datant du 24 octobre, elle prouve de fait que les Farc ont prêté une oreille attentive aux demandes du président vénézuélien.
 
Médiatisation
 
Remis en selle, Hugo Chavez met ensuite tout son poids dans la balance pour aboutir à un accord non pas global, mais très partiel. En signe de bonne volonté de sa part, la solution acceptée par la guérilla ne porte en effet que sur la libération de Consuelo Gonzalez, une parlementaire colombienne, de Clara Rojas, la directrice de campagne de Ingrid Betancourt, et de son fils Emmanuel, né en captivité.
 
Annoncée à grand renfort médiatique par le président vénézuélien lui-même pour avoir lieu avant Noël puis pour les jours suivants, l'opération de récupération échoue finalement à la dernière minute le 28 décembre. Cet échec envenime encore les relations entre Chavez et Uribe. Le premier accuse notamment le second d'avoir volontairement torpillé la mission en poursuivant des actions militaires dans la région où devait se dérouler l'échange. Le président colombien rejette ces allégations.

Il profite surtout de l'occasion pour discréditer son homologue, en affirmant que les Farc ne détiennent plus l'enfant de Clara Rojas. Il apparaît en effet qu'Emmanuel, abandonné dans un état lamentable, est déjà sous la garde des services sociaux colombiens. Pour Uribe, l'argumentation est facile : selon lui, cela montre que les Farc ont trompé Hugo Chavez. Sous-entendu : il n'a aucune influence sur elles.

"Les Farc écoutent Chavez"
 
Le succès de l'opération de jeudi prouve donc le contaire. C'est un succès personnel pour Hugo Chavez. Il ne s'est d'ailleurs pas privé pour le mettre en scène  à la télévision vénézuélienne, à grands renforts d'images et d'éditions spéciales, dans lesquelles les deux femmes le remercient et le glorifient.

Il a surtout également reçu les remerciements de Nicolas Sarkozy et de la famille d'Ingrid Betancourt. "C'est la première fois que la guérilla libère de manière unilatérale et sans condition des otages politiques. Elle écoute Chavez", souligne Juan Carlos Lecompte, le second mari d'Ingrid Betancourt. Jusqu'au point de convaincre Manuel Marulanda, le chef des Farc, de se séparer de sa plus célèbre otage ? 

Par Fabrice Aubert le 10 janvier 2008 à 20:12
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18 Commentaires

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  • Christine, le 11/01/2008 à 13h41

    Il ne s'agit pas que d'un accord humanitaire entre Chavez et las FARC, il s'agit aussi d'un accord politique. Monsieur Chavez est un ami communiste de la guérilla; Cette libération c'est juste un moyen de promouvoir Chavez et faire croire au monde en ses capacités pour gouverner avec équité et justice. Si vous ne croyez pas à cette réalité, il n'y à qu'observer les conditions de vie actuelles du peuple vénézuélien.

  • Dureau, le 11/01/2008 à 12h43

    Chavez le héros, Chavez le meilleur ... Ca fait combien d'années que Chavez est au pouvoir , ca fait combien d'années qu'il aurait pu demander à ses copains marxistes de libérer les otages ? Ne nous y trompons pas : Chavez joue les humanitaires pour remonter sa popularité dans son pays, pour se tailler un statut international et pour emmerder son voisin Uribe qui n'est pas dans sa mouvance idéologique. En plus, ca lui permet de masquer ses bidouilles internes pour se faire élire président à vie (palgré l'echec du référendum). Le jour ou Chavez aura besoin de faire fusiller les otages des FARC, il le demandera.

  • Al, le 11/01/2008 à 11h36

    Le + important apres la liberation des otages est de reconnaitre toute la place de Hugo Chavez en zone caraibes et dans toute l'amerique du sud.. loin des hysteries americaines et des actions de la cia qui ne reve que de le voir croupir dans une geole !!

  • Ouaouaille, le 11/01/2008 à 11h01

    Chavez se donne une popularité internationale à pas cher! Tant mieux pour les otages libèrés tant pis pour les autres. De toute façon, si Mme Betancourt est un jour libérée, vous vous moquerez bien de ceux qui y reste. Et toutes ces manifestations en France pour la libération d'Ingrid Betancourt sont d'un ridicule!! Vous vous donnez juste bonne conscience, et mangez la soupe médiatique que l'on vous sert.

  • Tschumperlé, le 11/01/2008 à 10h53

    Je trouve peu appropriée l'expression "victoire diplomatique" dont Fabrice Aubert affuble Chavez. La discussion avec des terroristes n'est pas de la diplomatie. Ceci étant, je ne sous-estime pas l'influence de Chavez et je partage largement l'analyse de Monsieur Aubert.

  • Nouchka, le 11/01/2008 à 10h31

    C'est très bien que ces deux otages soient libérés, mais n'oublions pas qu'il en reste (certains sont otages depuis 10 ans) n'oublions pas que les FARC ont déjà menti bien des fois.

  • Tschumperlé, le 11/01/2008 à 02h19

    Les béotiens de mon espèce ne connaissent rien à la géopolitique de l'Amérique du Sud. Les médias français ne s'intéressant qu'aux "coups et actions médiatiques", il n'est pas possible d'être "éduqué" dans ce domaine. Il est regrettable que TF1/LCI ne se prête qu'à la diffusion de paroles et images "sensationnelles" à vendre au premier con qui passe. Il me semble que l'abruti de campagne mérite mieux que la transcription stupide de communiqués d'agences de presse. L'indigence de la télévision française est pire que ce qu'on peut imaginer. Je vais voir les commentaires de CNN ou Fox News, afin d'être informé.

  • Anne-Eloise, le 11/01/2008 à 00h18

    La position de la France vis à vis d Hugo CHAVEZ était la bonne !!! malgrè le revirement d humeur de M. URIBE...

  • Mareto, le 11/01/2008 à 00h14

    Chavez et les Farcs ne sont pas des anges mais Uribe est le pantin des Américains qui dans la région n'ont pas toujours été des anges non plus. En attendant, deux otages de moins !

  • Josiane, le 10/01/2008 à 23h58

    Oui bravo Mr CHAVEZ ! c'est bien gràce à vousque ce 2 otages sont libérées et non encore zorro SARKO, en voilà assez!

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