Clara Rojas: l'évasion manquée avec Betancourt

le 12 janvier 2008 à 07h57 , mis à jour le 12 janvier 2008 à 22h51

L'ex-otage des Farc libérée jeudi, a tenu vendredi soir sa première conférence de presse à Caracas.

Clara Rojas lors de sa première conférence de presse à CaracasClara Rojas lors de sa première conférence de presse à Caracas © TF1/LCI

Clara Rojas, l'otage libérée jeudi par l'organisation de guérilla colombienne des Farc, a tenu vendredi soir sa première conférence de presse dans un grand hôtel de Caracas. Elle a raconté comment elle avait tenté de s'évader avec Ingrid Betancourt durant sa détention (voir la vidéo). Leur tentative d'évasion, en pleine nuit, a échoué lorsque les deux femmes se sont perdues dans l'obscurité. S'attribuant mutuellement l'échec de leur fuite, elles se sont alors disputées, a raconté l'ancienne directrice de campagne de la sénatrice franco-colombienne.

En représailles, les guérilleros ont par la suite placé des serpents, des tarentules et même une carcasse de félin dans leurs couchettes. Clara Rojas a ajouté s'être plus tard réconciliée avec Ingrid Betancourt, qu'elle a informée en premier de sa grossesse lorsqu'en 2003 elle était enceinte d'Emmanuel, son fils né en captivité.  

Elle a par ailleurs estimé que la prise d'otage constituait un "crime de lèse-humanité". " Je suis très préoccupée par le fait qu'ils disent qu'ils sont l'armée du peuple et on voit qu'ils entraînent des gens à la prise d'otage", a-t-elle dit. "En principe cela ressemblerait à une organisation criminelle", a dit Clara Rojas au sujet des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc, marxiste) qui l'ont séquestrée pendant six ans.
  
"Pas de nouvelles du papa"
 
Entourée de son frère Ivan et de sa mère Clara, qui lui a tenu la main pendant presque toute la conférence de presse, Clara Rojas a annoncé qu'elle rencontrera "dans quelques jours", sans préciser quand, son fils Emmanuel né en captivité en 2004. Séparé de sa mère à 11 mois, le garçonnet aujourd'hui âgé de 3 ans et 9 mois est actuellement hébergé dans une institution sociale publique colombienne.
 
Clara Rojas a précisé qu'elle n'a eu de nouvelles de son fils que le 31 décembre, en apprenant par la radio sa présence dans cette institution. "Il va y avoir un processus d'accompagnement pour que cette situation soit la moins traumatisante possible pour l'enfant", a-t-elle ajouté. Elle a indiqué qu'elle n'avait aucune information sur le sort du père de l'enfant, un guérillero avec lequel elle avait eu une relation consentie. "Je n'ai pas de nouvelles du papa de l'enfant, aucune, ni même s'il sait qu'il est le père de l'enfant", a dit l'ex-otage ajoutant : "Je n'ai pas la moindre idée s'ils (les Farc) savent qui c'est, j'ai eu une information selon laquelle il aurait pu mourir".

Naissance au milieu des bombes

Clara Rojas a également raconté la naissance dramatique de son fils, né par césarienne, avec l'aide d'un infirmier "dans des conditions artisanales", au milieu d'échanges de coups de feu et de bombardements. Elle a fait état d'une longue marche dans la forêt vierge peu de temps après la naissance, avec le bébé dans les bras. Selon elle, les relations entre les otages et les guérilleros étaient "distantes". Ils sont comme "des statues du commmandeur" et "obéissent à des ordres".

Et Clara Roja de répéter que la prise d'otage constitue "une violation totale de la dignité humaine" et de souligner le rôle joué par la France dans sa libération. "Depuis le premier jour, j'ai eu conscience que l'appui de la France avait été incroyable, y compris quand s'est formée la commission internationale avec l'Espagne et la Suisse. J'ai constaté un suivi constant de la France", a conclu la collaboratrice de la Franco-Colombienne Ingrid Betancourt, enlevée en même temps qu'elle par la guérilla marxiste le 23 février 2002.

(D'après agences)

le 12 janvier 2008 à 07:57
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5 Commentaires

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  • MICHEL, le 12/01/2008 à 19h30

    Bravo M CHAVEZ et honte à ceux qui en France vous critiquait. Attention quand meme sinon Ségolène va demander une comission d'enquète sur les modalités de la libération

  • Christian, le 12/01/2008 à 10h27

    L'aspect physique des otages libèrées,leur décontraction,les propos tenus, ce que Clara Rojas raconte sur sa captivité, beaucoup d'éléments me rendent mal à l'aise. Pourquoi les FARC n'ont elle pas libèrés directement Ingrid Betancourt ce qui aurait eu un impact beaucoup plus important. A suivre!

  • Jos, le 12/01/2008 à 10h25

    Je suis profondément touchée par le récit de cette femme,que je trouve belle,intelligente et digne.Espérons que les autres otages vont sortir de cet enfer très vite.Souhaitons à cet enfant et à sa maman beaucoup de bonheur, enfin.Il le mérite après tant de souffrance.Courage aussi aux enfants d'Ingrid.....

  • Mn.slaoui, le 12/01/2008 à 10h04

    Je suis, comme tout être humain digne de ce nom, très heureux de l'issue qu'a connu cette tragique affaire.Il faut reconnaître que Clara Rojas savait qu'elle prenait d'immenses riques en accompagnant Mme Betancourt dans "la gueule du loup". Je souhaite de tout coeur que cette dernière sera libérée dans les plus brefs délais.

  • Maligorne, le 12/01/2008 à 10h00

    Juste une chose bon courage pour la suite et qu on libere au plus vite ingrid madame maligorne

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