Le président vénézuélien saluant après la libération de deux otages des Farc (10 janvier 2008) © www.abacapress.comL'accord entre les Farc et la présidence vénézuélienne qui a permis jeudi la libération de Clara Rojas et Consuelo Gonzalez ravive l'espoir pour de nombreux autres otages détenus dans la jungle colombienne et récompense les efforts de Chavez, vivement critiqué après l'échec d'une première tentative de libération, le jour de l'An. Cette opération a également apporté à Chavez un concert de félicitations internationales. Détracteur farouche de la politique de Washington, l'ancien parachutiste et initiateur de la "révolution socialiste" au Venezuela a même vu son action reconnue à demi-mot par Washington.
Le porte-parole du département d'Etat Tom Casey s'est félicité des libérations mais a tout juste cité le nom du président vénézuélien. Il a au contraire souligné le rôle du gouvernement colombien, allié de Washington. "Nous saluons la libération de ces deux otages. Nous avons également apprécié les initiatives du président Uribe pour obtenir ces libérations et saluons les bons offices de tous ceux qui y ont aidé, en coopération avec le gouvernement colombien. Je pense que tous ceux, y compris le président Chavez (...) qui ont un rôle positif à jouer et appuient les efforts du président Uribe et du gouvernement colombien, sont les bienvenus". Prié de dire si Washington voulait collaborer avec Chavez pour obtenir la libération des otages américains, il a simplement répondu : "Nous continuons à travailler avec le gouvernement de Colombie".
"Un grand encouragement à persévérer"
Le président colombien Alvaro Uribe a dû lui aussi reconnaître "l'efficacité" de son homologue vénézuélien dans l'obtention de la libération des deux otages de la guérilla des Farc, qu'il a appelée à une négociation de paix. Mais tout en saluant la libération des deux femmes, il a largement souligné que les Farc gardent toujours en captivité 750 personnes, dont 44 seulement pourraient faire l'objet d'un échange. A la mi-novembre, c'était ce même Alvaro Uribe qui avait mis fin à la mission de médiation de son homologue vénézuélien pour l'échange d'otages avec les Farc, ce qui avait provoqué une importante crise diplomatique entre les deux pays.
A Paris, le président Nicolas Sarkozy a jugé que ces libérations étaient "un grand encouragement à persévérer" dans les efforts pour obtenir celle des autres otages, dont Ingrid Betancourt. "Aujourd'hui, ces efforts produisent des premiers résultats", a-t-il dit. "Je veux remercier le président Chavez, je veux remercier le président Uribe, je veux remercier tous ceux qui se préoccupent de la situation dramatique dans laquelle se trouvent ces otages et notamment Ingrid Betancourt". Le ministre des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, a aussi remercié "Hugo Chavez pour son engagement, les autorités colombiennes pour leur pleine coopération" et les autres pays qui, avec la France, "se sont associés à cette action collective".
D'après agence
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