Le fantôme Giuliani entre en course en Floride

Par , le 29 janvier 2008 à 05h45 , mis à jour le 29 janvier 2008 à 23h21

L'ex-maire républicain de New York, qui a tout misé sur la Floride et le "Super-Mardi" du 5 février, va savoir si sa stratégie risquée était la bonne.

[Expiré] [Expiré] rudolph giuliani © AFP/R. David

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Une primaire à quitte ou double pour l'ex-maire
 

Que vaut exactement Rudolph Giuliani dans la course à l'investiture républicaine ? Si l'on excepte la lecture de sondages, forcément dangereuse, bien malin qui peut vraiment le dire. L'ancien maire de New York a en effet mené une stratégie peu banale. Il a tout d'abord estimé que les premiers scrutins, dans des petits Etats envoyant peu de délégués à la convention, ne l'avantageaient pas en raison de la structure de l'électorat républicain, peu favorable à ses thèses libérales. Il n'y a donc pas fait campagne, préférant se concentrer sur la Floride, 4e Etat du pays qui vote aujourd'hui avec 57 délégués en jeu -tous acquis par le vainqueur-, et le "Super-Mardi" du 5 février, où plus de vingt Etats se prononceront, dont la Californie, New York et l'Illinois.

Conséquence : alors qu'il n'a obtenu logiquement que de faibles scores en Iowa ou dans le Michigan (cliquez ici pour voir les résultats), John McCain et Mitt Romney  et à un degré moindre Mike Huckabee, ont quant à eux pris les devants. Les deux premiers, avec environ 30% d'intentions de vote en Floride, bénéficient désormais d'une réelle dynamique positive et se retrouvent au coude-à-coude dans les derniers sondages pour la primaire de ce mardi. Rudolph Giuliani, longtemps leader, s'est quant à lui écroulé en janvier et se retrouve désormais loin derrière, avec à peine 15%. 
 
Laborieux sur l'économie
 
La punition pour "Rudy" est la même au niveau national. Après avoir fait la course en tête toute l'année 2007 avec grosse modo 30% selon les instituts, il s'est également effondré en quelques semaines et stagne désormais également aux alentours de 15% (cliquez ici pour voir notre infographie). Mardi prochain, il est même donné battu dans l'Etat de New York face à John McCain, un comble pour celui qui a bâti sa popularité sur sa gestion -controversée il est vrai- du 11-Septembre.
 
Pour ne rien arranger, alors qu'il avait axé son programme sur la sécurité contre le terrorisme, l'économie s'est invitée dans les débats avec les craintes de récession. Et c'est peu dire si Rudolph Giuliani ne s'est pas montré très pertinent dans ce domaine. La population de Floride, morcelée en communautés sociales et raciales (20% d'Hispaniques, 16% de Noirs), rend également difficile l'adhésion d'une majorité pour faire pencher la balance. Bref, alors que le "Sunshine state" ("L'Etat ensoleillé") devait le mettre en orbite pour l'investiture du parti de l'éléphant, elle pourrait n'être que la première étape de l'enterrement de ses ambitions.
 
McCain joue l'Irak, Romney l'économie
 
Rudolph Giuliani trouve donc désormais sur sa route le duo McCain-Romney. Le premier a gagné au New Hampshire et en Caroline du Sud, le second s'est imposé dans la grosse primaire du Michigan, et dans les petits caucus du Wyoming et du Nevada. Mike Huckabee, gagnant du premier scrutin en Iowa, semble lui hors course en Floride et plus globalement pour l'investiture. Mais l'ancien pasteur mise toujours sur sa popularité chez les évangéliques pour décrocher le poste de colistier, quel que soit le candidat.
 
Ancien héros du Vietnam, John McCain espère tirer profit de la forte concentration d'anciens combattants en Floride pour s'imposer. Ce n'est ainsi pas un hasard s'il a attaqué Mitt Romney sur l'Irak ces derniers jours, accusant son adversaire d'être un partisan d'un calendrier de retrait des troupes. Comme dans le Michigan, Mitt Romney met quant à lui en avant son profil de businessman pour convaincre qu'il saura trouver les solutions à la crise économique. Le caucus de dimanche dans le Maine ayant peu d'importance, le vainqueur du duel prendra de fait une belle option sur l'investiture avant le "Super-Mardi".

Primaire pour du beurre chez les démocrates

Comme dans le Michigan le 15 janvier, les électeurs démocrates sont aussi appelés aux urnes... mais leur choix n'aura aucune valeur. Afin de peser davantage sur le choix des candidats, les instances locales du parti ont, comme du côté républicain, avancé la primaire à ce mardi. Mais la direction centrale a mis son veto et a supprimé tous les délégués alloués à la Floride à la convention, où sera désigné formellement le candidat fin août.
 
Résultat : Hillary Clinton, Barack Obama et John Edwards n'ont pas fait campagne. Néanmoins, l'ancienne Première Dame, qui en décembre devançait très fortement tous ses rivaux dans les sondages, a déclaré qu'elle souhaitait que l'on prenne finalement en compte les délégués de Floride, de même que ceux du Michigan. Elle s'y était en effet logiquement imposée puisque Obama et Edwards avaient retiré les bulletins à leur nom.

Par Fabrice Aubert le 29 janvier 2008 à 05:45
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4 Commentaires

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  • Odix, le 29/01/2008 à 22h36

    Ce serait vraiment une surprise si Giuliani s'imposait dans cette primaire républicaine ! Non seulement il s'y prend un peu tard dans la course à l'investiture (laissant ainsi entendre que certains états américains valent mieux que d'autres ce qui est toujours dangereux à dire lors d'une campagne), mais son programme est en total décalage avec le programme des autre candidats, démocrates comme républicains. Le programme de Giuliani aurait été en effet tout à fait adapté lors des élections de 2004, où la sécurité était le souci principal des Américains. Mais en 2008, ce sont les questions sociales et surtout l'économie qui semblent intéresser les électeurs. Alors, à moins qu'un malheur n'arrive aux USA d'ici fin 2008, je doute que la thématique de la sécurité soit pertinente pour ces élections... L'attitude de Giulani est donc pour le moins étonnante : nous verrons si les résultats lui donneront raison, mais j'en doute !

  • Bean, le 29/01/2008 à 16h03

    Dommage, pour une fois qu'un candidat à la Maison Blanche ose dire tout le mal qu'il pense de l'intégrisme religieux... mais il ne sera pas président: les évangélistes chrétiens sont encore trop puissants au pays d'"In God We trust".

  • Iver, le 29/01/2008 à 12h49

    Heureusement que non ce ne sera pas le prochain président car il est encore républicain.les usa vont beaucoup mieux quand le pouvoir est aux démocrates.bush a réussi a plomber l'économie et lancer deux guerres (pour l'heure).

  • Thomas, le 29/01/2008 à 11h51

    Go Rudy Go, il serat le prochain président car c'est le meilleur et de loin.

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