Huckabee et Obama, deux challengers en pole position

Par F.A., le 04 janvier 2008 à 06h27 , mis à jour le 04 janvier 2008 à 15h43

En remportant le caucus de l'Iowa, le républicain et le démocrate ont gagné un pari difficile lors du premier vote de la course à la Maison-Blanche. Prochaine étape : le New Hampshire, mardi prochain.

Montage photo : Mike Huckabee (à gauche), Barack Obama (à droite)Surprise : Mike Huckabee côté républicain et Barack Obama côté démocrate remportent la première primaire de la campagne, le 3 janvier 2008, dans l'Iowa. John McCain n'arrive que troisième, derrière le milliardaire mormon Mitt Romney. © TF1/LCI

Primaires US 2008Barack Obama a remporté jeudi dans l'Iowa la première étape de la procédure de désignation du candidat démocrate à l'élection présidentielle américaine, infligeant un revers à Hillary Clinton, favorite au niveau national. Il l'emporte avec 37,6% des voix devant John Edwards (29,75%) et Hillary Clinton (29,47%), reléguée en troisième position.

Chez les républicains, le pasteur baptiste Mike Huckabee s'est imposé assez facilement avec 34% des suffrages contre 26% à Mitt Romney. Le sénateur de l'Arizona John McCain et Fred Thompson arrivent troisièmes ex-aequo avec 13% et le représentant du Texas Ron Paul a obtenu 10%. Rudolph Giuliani, le favori au niveau national, qui n'avait pas fait campagne en Iowa, est loin derrière avec à peine 3%.

Avertissement pour Clinton

Ces deux victoires de Mike Huckabee et de Barack Obama sont symboliques. Côté démocrate, Obama, qui aspire à devenir le premier Noir à occuper la Maison Blanche, s'est imposé dans un Etat composé de 95% de Blancs. Le sénateur de l'Illinois a salué, le visage grave face à ses supporters en liesse, un "choix de l'unité plutôt que la division et l'envoi d'un puissant signal de changement pour l'Amérique". 

L'ampleur de l'écart qui le sépare d'Hillary Clinton est un sérieux avertissement pour la suite de la campagne de l'épouse de l'ex-président américain.  Elle a d'ailleurs fait profil bas, saluant la victoire de son rival. Mais la sénatrice de New York a promis de continuer à se battre, et s'est dit "optimiste" et "confiante" avant les primaires du New Hampshire mardi. 

Huckabee confirme

Côté républicain, Mike Huckabee, ancien pasteur baptiste quasi inconnu il y a quelques semaines, qui a fait campagne sur les valeurs traditionnelles de la droite chrétienne (défense de la famille, opposition à l'avortement), a donc confirmé sa percée du mois de décembre. "Aujourd'hui, nous avons assisté à un nouveau jour dans la politique américaine", a-t-il proclamé, avec l'acteur Chuck Norris à ses côtés, icône de sa campagne. "Nous avons prouvé que la politique américaine est encore entre les mains de gens comme vous", a-t-il ajouté.

Outre le très bon score du vainqueur, l'autre surprise relative provient du très mauvais résultat de Rudolph Giuliani. Certes, le maire de New York n'attendait rien de spécial de l'Iowa, un Etat qu'il avait snobé. Ces positions libérales en matière de société (il est favorable à l'avortement et aux droits des homosexuels) sont en effet décalage total avec l'électorat républicain qui y est très conservateur. Mais il pouvait néanmoins espérer mieux que ses 3%. "Il y a 29 primaires et caucus. N'importe qui peut défier n'importe qui", a-t-il lancé, depuis la Floride où il avait choisi de faire campagne en vue de la primaire du 29 janvier.
 
Le grand rendez-vous du New Hampshire

Comme le font remarquer les prétendants à la Maison-Blanche ainsi que tous les observateurs, rien n'est joué pour Barack Obama ou Mike Huckabee malgré leur victoire, bien au contraire. Le prochain rendez-vous républicain aura lieu samedi avec le caucus du Wyoming, un Etat peu important.

C'est désormais vers le New Hampshire que se tournent tous les regards. Cet Etat de la côte Est votera mardi prochain pour la première primaire strictement dite.  Des sondages publiés jeudi placent Hillary Clinton en tête chez les démocrates et John McCain chez les républicains.

Deux abandons


Après leur très mauvais score (moins de 1% des voix en Iowa), Chris Dodd et Jo Biden, les deux sénateurs démocrates du Connecticut et du Delaware, ont décidé d'abandonner la course à la présidence.  Ils ne sont donc plus que six à briguer l'investiture du parti de l'âne : Barack Obama, John Edwards, Hillary Clinton, Bill Richardson, Mike Gravel et Dennis Kucinich.


Retrouvez toute l'actualité sur les primaires américaines dans notre dossier spécial et sur le blog des correspondants de TF1 à Washington.

RENDEZ-VOUS LCI : "Questions d'actu", lundi 7 janvier, à 11h10 (rediffusion à 17h10)

Par F.A. le 04 janvier 2008 à 06:27
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
Les derniers articles Monde
  

23 Commentaires

Afficher : Les plus récents | Les plus appréciés

  • Philippe, le 05/01/2008 à 20h02

    @Marie de Laval, pour avoir vécu quelque temps aux USA (NC, SC, MI et NY) je ne serais pas aussi catégorique que toi sur le racisme etc. Il y a certes une différence culturelle et historique énorme, mais jamais aux USA un parti tel que le FN ferait 30% à une élection...

  • Beadenice, le 05/01/2008 à 19h06

    Badiane, désolée, mais j'ai du mal à croire que tu vis dans le pays dans lequel j'ai moi-même vécu 1 an, il y a 5 ans environ et je ne crois pas une seconde qu'il ait changé à ce point en 5 ans puisque j'y étais encore l'année dernière pendant un mois. Laisse-moi te compter ce qu'une amie au-pair française de Guadeloupe et noire a entendu lors de son année aux USA. Elle était dans une famille si raciste, que l'un des enfants qu'elle gardait a refusé qu'elle reste à la maison le jour de son 8ème anniversaire, car il ne voulait pas que ses copains voient qu'il avait une nounou noire. Une autre fois, un de ses frères a refusé d'aller dans une piscine, car il y avait des enfants noirs dedans. Elle a été tellement moralement mal traitée dans cette famille, qu'elle est partie dans une autre et tout ceci à Milwaukee dans le Wisconsin, très loin des états très racistes du sud. Alors, malheureusement, le racisme existe encore bel et bien aux USA, ni plus, ni moins que partout ailleurs. Quant à son "statut" de noir à Obama, les médias américains en font autant de gorges chaudes que n'importe où ailleurs et Obama, intelligent, a décidé de l'utiliser et d'en faire un atout, en essayant de rentrer dans l'histoire en devenant le 1er président noir-américain.

  • Clay, le 04/01/2008 à 22h33

    En France beaucoup moins raciste et plus tolerant? euh je ne connais pas trop bien toute la France (Mais par contre Paris si!!) mais je prefererais aller en banlieue parisienne et poser cette meme question...je me demande si Amadou ou Ahmed penserais la meme chose...

  • CAMARA, le 04/01/2008 à 16h27

    Marie de Laval, je n'ai pas l'ombre d'un doute sur la réalité de la Démocratie dans notre pays. Je suis simplement nostalgique d'une époque où nommer une personne issue de l'immigration à un poste clef du gouvernement passerait presque inaperçu. Quand on en est au point de comparer la démocratie de chez nous avec celle des USA, c'est la cata. On en est là !!!!! Alors, je tire des conclusion, notre train va beaucoup moins vite que celui de l'oncle Sam.

  • Langa, le 04/01/2008 à 13h24

    Je me sens concerné par ces éléctions car cela déterminera l'état du monde dans les années avenir.Je pense qu'un jour il y aura un président noir en france mais pas avant 300 ans.

  • Anticon(servateur)s, le 04/01/2008 à 13h13

    Tout sauf les républicains et leur fanatisme religieux et leur va t-en guerre. Petite préférence pour Hillary Clinton tout de même et son intéressant programme sur la politique de santé.

  • Michael, le 04/01/2008 à 12h55

    Obama a remporté une victoire mais pas la guerre , lorsque ce sera le tour des états du sud , profondément ségrégationnistes , il ne fera pas de bons scores. Le système de vote américain me fera toujours rigolé. Il n'a rien de démocratique , tous les états devraient voté simultanément , au lieu de çà , c'est un par un , bonjour les influences. Et le vote final par les grands électeurs , si l'un d'eux trahi et retourne sa veste ? Enfin , le ou la candidate qui sera élu en novembre aura du mal à faire pire que Bush , c'est déja ça

  • Thomas, le 04/01/2008 à 12h50

    Je ne comprends pas pourquoi des qu'on parle d'Obama, on se croit oblige de dire qu'il est noir; d'autant qu'il est autant noir qu'il est blanc (sa mere est blanche). On devrait plutot mettre l'accent sur sa fraicheur, ses talents d'orateur, et son charisme.

  • Yann, le 04/01/2008 à 12h43

    C'est marrant la vision française des choses; vous concevez les partis américains comme les partis français (encore faut-il que la vision des partis français soit juste!). Gauche/droite, socialiste,communiste/chrétien... Vous êtes à 1000 lieux de la réalité, vous concevez les choses comme vous voulez qu'elles soient sans tenir compte de la réalité du pays, de la culture et de tant d'autres éléments qui vous échappent.

  • Marie, le 04/01/2008 à 12h33

    Camara de rouen, les grandes villes américaines comme New York, Miami, Los Angeles bref tout ce qu'on voit de modernes et branchés à la tv ne reflète pas entièrement la réalité.les américains habitant l'amérique "profonde" ne sont pas près d'élire un président de couleur ou pour l'avortement ou pour le droit des homosexuels,etc....je connais les pays anglo-saxons et crois moi en France nous sommes beaucoup moins racistes et plus tolérants,plus francs que certains américains qui ont des idées qui datent de 150 ans!!!!je suis sûre qu'un jour ( bien avant 150 ans !!!!)on aura une femme de couleur ou un homme homosexuel président....... en France. merci de me publier.

Lire tous les commentaires

       Chargement en cours...
      • Le grand quiz de l'info
      Alertez-nous
        alertez-nous

        Témoin d'un événement ?

        Alertez la rédaction !

        Envoyez une alerte

        Nous recommandons
        logAudience