Mitt Romney
Après l'Iowa, le Wyoming -où seuls les républicains ont pour l'instant voté- et le New Hampshire -, voici donc le Michigan. Le grand Etat du Nord du pays, bastion de l'industrie automobile, rongé par le chômage, est ce mardi le 4e Etat à organiser ses primaires pour désigner les candidats des deux grands partis américains à la présidentielle de novembre.
Et, nouvelle illustration de la complexité du système de désignation, seul le scrutin républicain sera significatif. Afin de peser davantage sur le choix des candidats, les instances locales des deux formations ont en effet avancé les primaires. La direction centrale du parti républicain a laissé faire, celle du parti démocrate a mis son veto. En représailles, elle a supprimé tous les délégués alloués au Michigan à la convention. Résultat : Hillary Clinton, Barack Obama et Cie n'ont pas fait campagne. Et même si les électeurs du parti de l'âne sont appelés aux urnes ce mardi, leur vote comptera de fait pour du beurre.
L'enfant du pays
L'attention est donc concentrée sur le parti de l'éléphant. Et c'est peu dire que la situation est pour le moins confuse. Ils sont en effet trois à pouvoir viser la victoire. Tout d'abord, celui qui a le vent en poupe : John McCain. Vainqueur dans le New Hampshire la semaine dernière, le sénateur de l'Arizona a depuis pris la tête des sondages au niveau national. Ensuite, Mike Huckabee. Le pasteur baptiste, qui a gagné en Iowa le 3 janvier, devrait cependant avoir du mal à confirmer dans un Etat où les évangéliques, sur lesquels il base sa campagne, sont peu présents.
Enfin, Mitt Romney pour qui il s'agit de la dernière chance. Le milliardaire mormon avait misé beaucoup sur l'Iowa et le New Hampshire pour créer une dynamique en sa faveur. Or il s'est incliné les deux fois, face à Mike Huckabee puis John McCain. Il a dû se contenter d'un succès mineur dans le caucus du Wyoming. Un nouvel échec ce mardi dans son Etat natal, où son père fut gouverneur, sonnerait de fait le glas de ses espérances. Il est en effet loin d'être favori dans les Etats suivants, le Nevada et surtout la Caroline du Sud, où la forte communauté évangélique est très réticente à voter pour un mormon.
Le chômage de retour dans les débats
Pour espérer l'emporter dans un Etat sinistré par la crise, Mitt Romney, homme d'affaires ayant réussi dans le conseil en stratégie puis le capital risque, met en avant son expérience. "Je ne vais pas laisser un seul emploi quitter le Michigan ou n'importe lequel de nos autres Etats en gardant le sourire", a-t-il lancé. De son côté, Mike Huckabee a estimé qu'il était possible de faire revenir des emplois dans le Michigan, à condition de créer des conditions favorables. Dans son dernier clip de campagne, il met aussi en avant le fait que les Américains veulent comme président un "type qui pourrait être leur collègue, pas celui qui les licencie", allusion à peine voilée au passé de chef d'entreprise de Mitt Romney. A l'opposé, John McCain a défendu un langage de "vérité". "J'aurais honte et je serais gêné de dire que certains de ces emplois vont revenir", a-t-il avoué, promettant d'aider les chômeurs à se former à d'autres emplois.
Pour l'instant, les sondages donnent l'avantage à l'enfant du pays : Mitt Romney était donné en tête dans la dernière enquête publiée dimanche, avec 30% contre 22% à McCain et 17% à Huckabee.
Giuliani en fantôme
Derrière ce trio, Rudolph Giuliani continue de planer comme un ombre, ou plutôt comme un fantôme désormais. La stratégie de l'ex-maire de New York, qui a fait l'impasse sur toutes les premières primaires pour tout miser sur la Floride le 29 janvier puis le "Super-Mardi" du 5 février, commence en effet à avoir du plomb dans l'aile. En tête depuis plus d'un an dans tous les sondages nationaux, il a lourdement chuté dans les enquêtes publiées ce week-end.
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