Mitt Romney après sa victoire à la primaire républicaine du Michigan, le 15 janvier 2008 © TF1/LCI
"Ce soir marque le début d'un retour, un retour pour l'Amérique". Le soulagement a laissé place à une certaine euphorie dans le camp de Mitt Romney. Après ses défaites en Iowa et dans le New Hampshire, pour un seul succès mineur dans le Wyoming, l'ex-gouverneur du Massachusetts a enregistré mardi dans le Michigan sa première grande victoire dans la course à l'investiture républicaine.
Avec 39% des suffrages, il a devancé John McCain de neuf points -le sénateur de l'Arizona avait pourtant remporté cette même primaire en 2000 face à George W. Bush. Le pasteur Mike Huckabee, qui n'avait pas fait de cet Etat une priorité en raison de la faible présence de ses soutiens évangéliques, est loin derrière avec seulement 16% (cliquez ici pour avoir le résultat détaillé).
Candidat "officieux" de Bush
Après avoir dépensé des millions de dollars pour rien dans les deux premiers scrutins, la victoire était impérative pour le richissime homme d'affaires mormon, natif du Michigan qui fut autrefois gouverné par son père. Un nouvel échec aurait sonné le glas de ses ambitions de succéder à George W. Bush, dont il est le candidat "officieux", malgré un programme assez flou.
Dans cet Etat sinistré par la crise de l'automobile et où l'économie et la lutte contre le chômage ont tenu la première place dans les débats, son aura d'homme d'affaires et de chef d'entreprise a fait mouche. "Sommes-nous l'équipe qui va faire le boulot ?" a-t-il demandé à ses partisans lors de son discours. "Oui", lui a répondu la foule. "Menons cette campagne en Caroline du Sud, dans le Nevada et en Floride et à travers tout le pays, et menons la jusqu'à la Maison Blanche", a-t-il ajouté, dans une intervention d'une ardeur inhabituelle chez un candidat souvent critiqué pour sa raideur.
Emiettement
Cette primaire du Michigan brouille un peu plus les cartes chez les républicains. Les trois principaux scrutins ont en effet vu trois vainqueurs différents : Mike Huckabee en Iowa, John McCain au New Hampshire et donc Mitt Romney dans le Michigan. Et derrière ce trio, se dessine toujours l'ombre de Rudolph Giuliani. L'ancien maire de New York, qui n'a pas fait campagne pour ces premiers scrutins, continue de tout miser sur la Floride le 29 janvier et le "Super-Mardi" du 5 février. Sans surprise, il a seulement recueilli 3% des suffrages ce mardi, mais son score n'est pas significatif. "Pour l'instant, le grand perdant, c'est le parti républicain qui est totalement émietté", analyse Olivier Richomme, professeur de civilisation américaine à l'Université de Lyon-II (cliquez ici pour écouter son interview).
A peine les résultats annoncés, les prétendants du parti de l'éléphant ont pris date pour le prochain rendez-vous. Ce sera dès samedi avec le Nevada et surtout la Caroline du Sud. "Donc j'ai gagné l'Iowa, John McCain a gagné le New Hampshire, Mitt Romney a gagné le Michigan. Mesdames, Messieurs, nous allons gagner la Caroline du Sud !" a plaisanté Mike Huckabee. Les derniers sondages dans cet Etat où il pourra compter sur une forte communauté d'évangéliques le donnent au coude-à-coude avec John McCain. Ce dernier est donné en tête de la seule enquête réalisée dans le Nevada depuis le début du mois. Il n'est donc pas certain que le représentant républicain soit connu lors du "Super-Mardi".
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