Mystère autour du fils de l'otage Clara Rojas

le 02 janvier 2008 à 08h36 , mis à jour le 02 janvier 2008 à 15h54

Le résultats des analyses ADN pratiquées sur l'enfant présenté comme le petit Emmanuel, symbole de la crise des otages, devrait être connu d'ici quelques jours.

Hélicoptère Colombie Villavicencio Farc otagesUn hélicoptère de la mission de récupération de 3 otages des Farc a atterri à Villavicencio, en Colombie, le 28 décembre 2007 © TF1-LCI

Où se trouve aujourd'hui le petit Emmanuel, le fils de Clara Rojas, assistante de l'ancienne candidate présidentielle Ingrid Betancourt et aujourd'hui comme elle otage des Farc ? Dans un foyer de l'enfance à Bogota, affirme le gouvernement colombien. Des tests ADN devraient d'ailleurs confirmer la filiation. "Les Farc n'ont pas tenu la promesse de libérer les otages, car elles n'ont plus en leur pouvoir l'enfant", a souligné le président Uribe, justifiant ainsi l'échec de la tentative de médiation pour obtenir la liberté de plusieurs des prisonniers. Faux, affirment les Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc), qui voient dans les affirmations du chef de l'Etat colombien un "nuage de fumée" et attribuent l'échec de la mission humanitaire au harcèlement de l'armée. Le président vénézuélien Hugo Chavez, à qui les rebelles s'étaient engagés à remettre leurs trois otages, reproche également à Uribe d'avoir "dynamité" le processus.

Aujourd'hui âgé de trois ans, le petit Emmanuel est devenu un symbole : il a donné son prénom à l'opération, lancée dans l'espoir de le récupérer, au fin fond de la jungle, avec sa mère et un autre otage des Farc. Et l'énigme autour du cas de l'enfant est désormais une affaire d'Etat en Colombie. Mais face aux questions, l'Institut colombien du bien-être familial, qui a pris en charge celui qui pourrait être le petit Emmanuel, élude : "Seul le président Uribe est autorisé à s'exprimer sur cette question".

Un message radio des Farc intercepté

A l'origine de l'affaire : les services secrets colombiens, qui auraient intercepté il y a quelques mois, dans le centre du pays, un message radio des Farc laissant entendre qu'Emmanuel n'était plus aux mains de la guérilla. Les autorités auraient aussitôt ordonné dans la région une enquête auprès des services de l'enfance. Après l'examen d'une centaine de mineurs, ces services découvraient le cas troublant d'un garçon, de père inconnu, retiré d'un foyer de San Jose de Guaviare, à environ 300 kilomètres au sud-est de Bogota, et confié depuis plus d'un an à un centre de la capitale.

"Cet enfant présente des similitudes physiques avec Emmanuel. Il a été blessé au bras, il porte des traces de maltraitance", a expliqué le président Uribe, en rappelant les propos de John Frank Pinchao, ancien compagnon de détention de Clara Rojas. Ce policier, qui s'est échappé en mai dernier, avait affirmé qu'Emmanuel "avait été maltraité" et que son corps avait reçu des "brûlures de cigarettes". Quant à l'homme qui avait remis à un foyer social le garçon soupçonné d'avoir été l'otage des Farc, après s'être présenté comme le grand-oncle puis comme le père de l'enfant, il jure désormais qu'il n'a "aucune parenté" avec lui et qu'il s'agit bien d'Emmanuel, "l'enfant de la guérilla". Ses aveux tardifs ont été publiés mercredi par les grands titres de la presse colombienne, alors que l'homme, dont le témoignage a été enregistré, aurait "demandé à présent la protection de l'Etat", selon le principal quotidien colombien El Tiempo.

Pour trancher, il faudra attendre les résultats des expertises ADN pratiquées sur l'enfant : ils seront connus "d'ici dix à quinze jours", selon le procureur général de Colombie.

D'après agence

le 02 janvier 2008 à 08:36
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