Le président colombien Alvaro Uribe, à son arrivée en France, le 20 janvier 2008 © TF1-LCI 
Uribe reçoit Lorenzo Betancourt
Nicolas Sarkozy recevra lundi son homologue colombien Alvaro Uribe, qui débute à Paris une tournée consacrée notamment à la question des otages de la guérilla des Farc. Alvaro Uribe, arrivé dimanche en France, a reçu dans la soirée, à l'ambassade colombienne de Paris, Lorenzo Betancourt et Fabrice Delloye, respectivement fils et ex-mari d'Ingrid Betancourt.
Il a estimé que "nos efforts devaient être combinés". "Nous devons déterminer les conditions du sauvetage et de la libération des otages, sans mettre en cause la sécurité et la démocratisation de notre pays", a dit le président colombien aux journalistes après l'entretien. "J'ai ressenti auprès du président Uribe qu'il était véritablement décidé à trouver avec l'aide de la communauté internationale une solution d'accord humnaitaire qui puisse réellement permettre la sortie rapide de tous nos êtres chers", a dit Fabrice Delloye.
Le sujet sera aussi abordé avec Sarkozy
Lundi, les deux chefs d'Etat devrait également aborder au cours de leurs entretiens le sort de la franco-colombienne, détenue par la guérilla marxiste depuis le 23 février 2002 et dont Nicolas Sarkozy a fait de la libération une de ses priorités diplomatiques. La tournée en Europe d'Alvaro Uribe le conduira ensuite à Bruxelles et Madrid, puis en Suisse pour participer au Forum économique mondial à Davos.
Juste avant son départ pour l'Europe, le président colombien a fait un geste en rétablissant la médiation de la France, de l'Espagne et de la Suisse en vue d'obtenir la libération des 44 otages "politiques" des Farc, dont Ingrid Betancourt. Alvaro Uribe, qui doit rencontrer cette semaine plusieurs autres chefs d'Etat européens, entend cependant redire qu'à ses yeux, les FARC constituent une organisation terroriste et qu'il refuse leur revendication principale de création d'une zone démilitarisée de 780 km2, pàrès de Cali. Alvaro Uribe accepte en revanche la proposition du trio France-Suisse-Espagne de démilitariser une zone plus réduite de 150 km2 où aucun homme en armes ne serait autorisé à rentrer et où des observateurs internationaux seraient déployés.
La Fédération internationale des Comités Ingrid Betancourt (FICIB), avait indiqué samedi avoir demandé à Nicolas Sarkozy d'affirmer à Alvaro Uribe à l'occasion de leur rencontre l'opposition de Paris à toute opération militaire susceptible de mettre en danger la vie des otages ou qui constitue un obstacle à une éventuelle tentative de libération. Elle avait également souhaité que Alvaro Uribe relance une nouvelle mission de médiation internationale.
"Très maigre mais combative"
Dans une interview au quotidien espagnol El Pais, Consuelo Gonzalez, l'ex-parlementaire colombienne récemment libéré par les FARC, déclare que "Le président (colombien, ndlr) s'est engagé à travailler intensément pour un accord humanitaire". "Je lui ai dit que c'est une course contre la montre, contre la mort. La situation est tellement difficile que si nous ne faisons pas quelque-chose rapidement, ils (les otages, ndlr) pourront difficilement résister" indique encore Mme Gonzalez.
Consuelo Gonzalez explique encore qu'elle n'a pas vu Ingrid Betancourt depuis trois ans. "Je ne sais quel peut être son état d'esprit (...). L'année où j'étais près d'elle, elle était très maigre mais combative. Lorsqu'elle me voyait triste, Ingrid me rassurait, me disait qu'on allait sortir de là. Maintenant je ne sais pas", déclare Consuelo Gonzalez. L'ex-otage indique encore éprouver de la "compassion" pour les Farc, "parce qu'ils croient toujours lutter pour quelque-chose de valable. Moi, je crois que les méthodes qu'ils utilisent sont mauvaises et qu'ils ne sont pas cohérents. La séquestration porte atteinte à la dignité humaine". L'ancienne députée, âgée de 57 ans, a été libérée par la guérilla marxiste des Farc, ainsi que sa compagne de détention Clara Rojas, le 10 janvier, après avoir été enlevée le 10 septembre 2001.
| La mère de Betancourt est un "obstacle" à sa libération, selon l'armée |
Yolanda Pulecio, la mère d'Ingrid Betancourt, est "un obstacle" à la libération de sa fille, a affirmé dimanche le commandant en chef des forces militaires colombiennes, Freddy Padilla de Leon, dans une interview à l'hebdomadaire Semana. "C'est la manière dont Madame sa mère s'est comportée (...) Je le dis avec tristesse et douleur, bien que cela ne justifie pas les atrocités des Farc, c'est sa mère qui a le plus contribué à lui donner une cote comme une marchandise devenue le joyau de la couronne", a-t-il ajouté. "La mère de Clara Rojas (ndlr: la collaboratrice d'Ingrid Betancourt libérée le 10 janvier), en revanche, a agi avec prudence", a estimé le général. |
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