Le satellite espion américain détruit le 21 février 2008 © TF1/LCIMission accomplie. Le département américain de la Défense a annoncé mercredi soir avoir réussi à abattre un de leurs satellites espions à la dérive depuis un navire de guerre américain, avant qu'il ne touche terre. Les Etats-Unis avaient décidé la semaine dernière d'abattre ce satellite espion devenu incontrôlable avec un missile, en justifiant leur décision par la présence dans les réservoirs d'environ 450 kilos d'une substance hautement toxique, l'hydrazine. Ce produit, qui sert à propulser le satellite en orbite, pourrait s'avérer potentiellement dangereux pour les populations civiles, si le réservoir qui le contient devait s'écraser intact, selon Washington.
Le satellite américain a été réduit en "morceaux de la taille d'un ballon", a annoncé jeudi le Pentagone, affichant "un haut degré de certitude" d'avoir détruit le réservoir rempli de substance toxique. "Le missile a frappé le satellite dans la zone du réservoir, nous avons un nuage qui ressemble à de l'hydrazine", a fait valoir le chef d'état-major adjoint des forces interarmées américain. Mais "nous ne pouvons pas encore l'affirmer de façon certaine", a-t-il ajouté, en soulignant qu'il faudrait encore attendre "24 à 48 heures" pour s'en assurer.
Débris dans l'atmopshère
En raison de la faible altitude du satellite au moment de l'interception, les premiers débris ont commencé à pénétrer immédiatement dans l'atmosphère, selon le Pentagone. "Quasiment tous les débris vont se consumer à leur entrée dans l'atmosphère dans les 24 à 48 heures et les débris restant devraient rentrer dans l'atmosphère dans les 40 jours", ajoute le communiqué.
Washington a expliqué à de nombreuses reprises avoir pour seule intention de protéger les populations des retombées mais a été soupçonné par certains, comme la Russie, d'avoir en réalité profité de l'occasion pour procéder à un test antimissile et démontrer sa capacité à détruire des satellites dans l'espace. La Chine a de son côté réclamé jeudi aux Etats-Unis des informations, s'inquiétant des conséquences possibles de l'opération pour la sécurité spatiale.
En tous cas, pour le secrétaire américain à la Défense, Robert Gates, la destruction réussie d'un satellite espion défectueux montre que le système américain de missiles de défense fonctionne. D'ailleurs, en détruisant un de leurs satellites espions à la dérive à grand renfort de publicité, les Etats-Unis auraient adressé à leurs alliés et rivaux -à commencer par la Chine, auteur d'une opération similaire en janvier- un message politique à usage multiple, estiment les experts.
Un corps froid et inerte
La fenêtre de tir dont disposait Washington pour détruire ce satellite, de la taille d'un bus, était comprise entre ce mercredi et le 29 février environ, avant son entrée dans l'atmosphère, avait expliqué mercredi un haut responsable militaire américain s'exprimant sous couvert de l'anonymat. Le Pentagone a attendu pour le début des opérations que la navette spatiale Atlantis se pose mercredi en Floride après une mission de près de deux semaines dans l'espace.
D'abord guidé depuis la Terre, le missile devait se servir de ses senseurs à infrarouge pour atteindre sa cible à une vitesse de 4 km par seconde, avaient expliqué des responsables du Pentagone avant le tir. Abattre ce satellite posait des problèmes inédits aux militaires, en particulier sa température. "Nous avons à faire à un corps froid dans l'espace, un corps inerte depuis un certain temps qui ne dégage pas la chaleur d'un missile balistique", ce qui peut compliquer son repérage, expliquait un responsable de la marine avant l'opération.
(D'après agence)
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