Barack Obama et sa femme Michelle, le 5 février 2008 © TF1/LCI
Il fallait les voir chez Obama : ivres de joie, hurlants à en perdre la voix. Il y a tellement de monde qui veut assister au phénomène Obam, que son staff a décidé d'interdire l'entrée aux journalistes étrangers. Il a fallu qu'on trompe un gardien pour se faire une place dans l'arène.
C'est toujours la même folie. Le candidat à l'investiture démocrate a du mal à se faire entendre, tellement les hurlements de la salle recouvrent sa voix. Ce soir, c'était une fête de victoire à Chicago. Il n'y a pourtant pas de quoi pavoiser : Hillary Clinton a remporté la Californie. Mais Barack Obama est arrivé en tête dans un plus grand nombre d'Etats qu'elle. Et il explique que ce qui compte, ce n'est pas tant le résultat, c'est le mouvement populaire qui ne s'essouffle pas. "Notre temps est venu", c'est son slogan du soir. "Le changement arrive". Il promet de changer le monde : la salle frissonne.
"Injuste pour Hillary, mais c'est ainsi"
Il se passe quelque chose d'assez indéfinissable, d'assez irrationnel dans ces meetings. Obama, qu'il remporte ou non l'investiture, a l'impression d'avoir déjà gagné le coeur des Americains, d'avoir changé la politique, de représenter une nouvelle génération qui tôt ou tard arrivera au pouvoir. A côté de moi, il y a une militante qui m'explique qu'elle adore Hillary, qu'elle la trouve plus compétente mais que le nom Clinton lui évoque le passé. Les dynasties Bush et Clinton lui donnent la nausée : "C'est injuste pour Hillary qui est formidable mais c'est ainsi".
Les deux générations vont donc s'affronter dans des Etats minuscules. Pour la première fois, les primaires démocrates n'en finissent pas. Et les deux camps ont amassé assez d'argent pour se battre bec et ongle jusqu'au dernier électeur.
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