19 février 2008 : le message dans lequel Castro annonce qu'il renonce définitivement au pouvoir. © DRAprès quasiment 50 ans passés à la tête de Cuba, Fidel Castro a officiellement annoncé mardi qu'il renonçait à la présidence, dans l'édition électronique de Granma, organe officiel du régime. "A mes chers compatriotes, qui m'ont fait l'immense honneur ces derniers jours de m'élire au parlement, je vous informe que je n'aspirerai ni n'accepterai, je répète, que je n'aspirerai ni n'accepterai la charge de président du Conseil d'Etat et de commandant en chef", écrit-il. "Ce serait trahir ma conscience que d'occuper une responsabilité qui requiert une mobilité que ma condition physique ne me permet pas. Je veux expliquer cela sans dramatiser", poursuit Fidel Castro, qui n'a plus été vu en public depuis bientôt 19 mois.
Cette annonce met fin à l'incertitude politique qui règne à Cuba depuis que Castro a provisoirement délégué ses pouvoirs à son frère cadet, Raul, le 31 juillet 2006 à la suite d'une intervention chirurgicale. Le nom de son successeur à la présidence sera dévoilé le 24 février lors d'une session de l'Assemblée nationale. Il devrait s'agir de Raul Castro.
Paris espère "une voie nouvelle"
Ce renoncement met fin à une carrière politique qui a épousé toute la Guerre froide. En un demi-siècle, Castro aura surmonté l'hostilité des Etats-Unis, échappé à des tentatives d'assassinat planifiées par la CIA et survécu à l'éclatement de l'Union soviétique aux conséquences dramatiques pour l'économie cubaine. Leader charismatique, orateur de talent adepte de discours fleuves, Fidel Castro est admiré dans le Tiers Monde pour avoir tenu tête à Washington mais largement considéré comme un tyran qui a supprimé les libertés publiques et individuelles dans l'île.
Paris a réagi par la voix de Jean-Pierre Jouyet, le secrétaire d'Etat aux Affaires européennes, qui a espéré ce matin sur Europe 1 que cette décision ouvrirait "une voie nouvelle" pour "plus de démocratie dans ce pays". Le député PS de Paris Jean-Christophe Cambadélis a lui estimé qu'"une page se tournait", mais pas "une certaine dictature cubaine".
D'après agence
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