A Paris, les démocrates ont voté le 5 février © TF1/LCI
Pour la première fois, les démocrates vivant à l'étranger pouvaient choisir leur représentant à la présidentielle grâce à une primaire qui leur était réservée
Entre le 5 février, jour du "Super-Mardi", et le 12 février, des bureaux de vote ont été ouverts dans 33 pays pour permettre aux électeurs de déposer physiquement leur bulletin dans l'urne. Ils pouvaient également faire leur choix via Internet -des votes provenant de 164 pays sont parvenus par la voie électronique. Au total, 22 755 démocrates se sont ainsi prononcés -les républicains n'avaient pas ce privilège et devaient voter par correspondance dans le dernier Etat où ils ont résidé aux Etats-Unis.
L'image des Etats-Unis à l'étranger primordiale ?
Le temps de centraliser le tout, le résultat a été officialisé ce jeudi. Et c'est une victoire sans appel pour Barack Obama : il obtient plus 65% des suffrages, contre 32% à Hillary Clinton (cliquez ici pour tous les résultats détaillés, en anglais). Le voilà ainsi avec au moins six délégués supplémentaires, contre trois à l'ancienne Première Dame (ils n'auront néanmoins chacun qu'un demi-vote à la convention, chargée de désigner formellement le représentant du parti de l'âne en août).
"Ce résultat n'est pas très étonnant. La tendance à l'étranger reflète celle des Etats-Unis. Et elle est amplifiée par la presse. La plupart des articles consacrés à Obama, nouveau venu dans la politique, sont positifs. Or c'est le seul moyen d'information pour les expatriés puisqu'il n'y a pas de meeting à l'étranger", note Joe Smallhoover, le président de Democrats abroad France, la section française du parti. "Depuis l'étranger, nous avons une meilleure vision des conséquences de la réalité de la politique étrangère des Etats-Unis. Nous sommes frappés par la mauvaise image de notre pays. Et beaucoup pensent qu'Obama serait très utile pour redresser cette image et améliorer les relations internationales", souligne pour sa part Constance Borde, la vice-présidente de Democrats abroad France.
Campagne active à Paris, forte participation
En France, la campagne avait été très dynamique. A Paris, les réunions organisées à des domiciles privés par les deux camps avaient ainsi parfois dépassé les 100 participants juste avant le "Super-Mardi" (cliquez ici pour revoir notre reportage). Avec 2214 bulletins validés, la France est d'ailleurs l'un des pays où la participation a été la plus élevée, juste après le Royaume-Uni et le Canada (cliquez ici pour revoir notre reportage le jour du vote). Et la victoire du sénateur de l'Illinois est encore plus impressionnante puisqu'il a recueilli 71,8% des voix.
De quoi satisfaire Zachary Miller, le responsable de la section de soutien à Paris. "On a beaucoup travaillé. Nous avons commencé nos réunions en février 2007. Avec plus de 200 membres, notre "Meet-up"* est l'un des plus importants, Etats-Unis compris", explique-t-il. "Juste avant le scrutin, nous avons aussi publié des annonces dans l'International Herald Tribune et dans le journal réservé à la communauté américaine de France. Enfin, le jour du vote, nos militants étaient présents à l'Eglise américaine* pour convaincre les indécis. Certains m'ont expliqué qu'ils s'étaient décidés grâce à ces discussions", ajoute-t-il.
Les partisans d'Hillary Clinton s'étaient quant à eux préparés à cette défaite. "Nous avons débuté nos réunions plus tard et elles attiraient moins de monde", reconnaît Chip Seward, l'un des organisateurs. "A Paris, je suis allé à l'Eglise américaine. Et j'ai remarqué qu'il y avait une grande majorité de jeunes. Or comme aux Etats-Unis, ils préfèrent Obama", conclut-il.
*Réseau qui met en contact des personnes partageant les mêmes points de vue pour organiser plus facilement des rencontres
*Où était installé le bureau parisien
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