Les démocrates de Paris rassemblés à l'occasion du Super Tuesday, le 5 février 2008 © LCI.fr/D.SoulasBarack Obama ? Hillary Clinton ? Chacun a choisi son camp ce mardi soir, dans ce bar-restaurant branché du 8e arrondissement de Paris, où les démocrates vivant en France s'étaient rassemblés à l'occasion du Super Tuesday. Plus tôt dans la journée, ils avaient été environ 800 à se rendre à l'église américaine pour prendre part à la première primaire jamais organisée pour les démocrates de l'étranger (cliquez ici pour voir notre reportage). Place désormais à la convivialité, en attendant les premiers résultats.
A l'entrée, on distribue des autocollants à ceux qui ont voté. Sur les murs, quelques posters de soutien à Hillary Clinton, et des ballons blancs, également favorables à la sénatrice de New York. Rien en soutien à Barack Obama. "Tout le matériel de campagne est resté à l'église américaine", nous répond-on. Autour des tables, ou debout, des dizaines d'Américains, qui, tout en parlant, gardent un œil sur l'écran géant qui diffuse en continu la chaine CNN. Parmi eux, Jennifer, une jeune professeur d'anglais. Elle sait qu'elle n'aura pas les résultats définitifs puisque ceux-ci n'arriveront qu'au petit matin, mais là n'est de toute façon pas le plus important pour elle. "Je suis là ce soir parce que je suis une passionnée de politique", explique la jeune femme. "Et puis j'aime être entourée de gens qui ressentent la même chose."
Christine Houben fait partie des organisateurs de la soirée. Pour elle également, plus que le résultat en lui-même, ce rassemblement est surtout l'occasion de fêter le fait que pour la première fois les démocrates de l'étranger peuvent prendre part aux primaires. "On a vraiment la chance de pouvoir s'exprimer", se félicite-t-elle. "C'est vraiment super que le parti démocrate nous reconnaisse enfin, nous, Américains de l'étranger", renchérit Jennifer.
"Battre l'extrême droite"
21 heures. CNN n'a pas encore commencé son édition spéciale, mais déjà le ton baisse dans la salle au début de chaque journal. "Je suis venue ici pour avoir les infos parce que je n'ai pas la télé chez moi", explique Nichole, une supportrice de Barack Obama. Son voisin, lui, roule pour Hillary Clinton. "Mais ils sont tous les deux de bons candidats", reconnaît-il. D'autant qu'à part quelques badges épinglés ici ou là, peu montre vraiment leur soutien à l'un des deux prétendants, même s'ils n'hésitent pas à le dire lorsqu'on leur demande. "Notre parti doit rester unifié", clament les uns. "Bien sûr que je supporterai Obama si Hillary ne gagne pas l'investiture", assurent les autres. En résumé, "ce qu'il faut surtout, c'est battre l'extrême droite".
Pour Chip Seward, co-responsable de la section Clinton à Paris, "on sent beaucoup d'enthousiasme pour cette élection", y compris parmi les démocrates de l'étranger. "C'est parce que nous n'aurions pas dû perdre en 2000. Cette année, nous sommes vraiment déterminés à gagner." Même chose du côté de Zachary Miller, le président de la section Obama, d'autant que pour lui, son champion "attire des gens qui n'avaient jamais voté aux primaires jusque-là".
La nuit s'annonce longue
Dans un coin de la salle, où se frayer un chemin devient de plus en plus difficile, Jay. Lui n'est pas un Américain de l'étranger. Chercheur en sciences politiques à l'université de Berkeley, en Californie, il passe la soirée ici "parce qu'[il] n'avait pas vu que le Super Tuesday tombait pendant ses vacances à Paris". Déçu de ne pas pouvoir regarder les résultats avec ses collègues, il est tout de même heureux d'avoir pu trouver un endroit où se rassemblent ses compatriotes. "Je ne savais pas que les expatriés étaient si bien organisés", se réjouit-il. "C'est vraiment super."
Minuit. La tension monte. Dans quelques heures, les premiers résultats seront connus. Mais déjà, partisans d'Hillary Clinton et supporters de Barack Obama commencent à partir. Une heure plus tard, les supporters du sénateur de l'Illinois s'enflamment à l'annonce de sa victoire en Géorgie. La nuit s'annonce longue pour ceux qui souhaitent attendre les résultats de la Californie, à 5h du matin.
Mais tous savent que rien ne sera joué à l'issue du Super Tuesday. Une chose est presque sûre : que ce soit Hillary Clinton ou Barack Obama, le candidat démocrate devra battre le républicain John McCain pour gagner la Maison-Blanche. "C'est un adversaire difficile", explique Chip Seward. "C'est un centriste, un homme de compromis." Raison de plus pour se mobiliser, répondent nombre de démocrates.
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