Fidel Castro réapparaît à la télévision le 3 juin 2007 © TF1/LCIL'annonce du renoncement de Fidel Castro, seul dirigeant de Cuba qu'aient connu sept Cubains sur dix, marque incontestablement un tournant historique pour la grande île. La réaction la plus clairement enthousiaste à ce tournant est bien sûr venue... du vieil ennemi américain. "Je vois cela comme une période de transition et cela devrait être un début de transition démocratique pour le peuple cubain", a déclaré depuis le Rwanda George W. Bush, actuellement en tournée africaine. Le président américain a également pressé la communauté internationale de ne pas privilégier la "stabilité" au détriment de la démocratie à Cuba. Pour La Havane, le "premier pas" devrait être la libération des prisonniers politiques, a-t-il ajouté en demandant à la communauté internationale d'aider à la mise sur pied d'institutions démocratiques à Cuba. "Et nous allons aider. Les Etats-Unis aideront le peuple cubain" à construire une démocratie, a affirmé George W. Bush, selon qui "à la fin, cette transition devrait conduire à des élections libres et justes".
Réaction diamétralement opposée en Chine : Pékin a salué mardi "le dirigeant révolutionnaire" Fidel Castro, "vieil ami" de la Chine, indiquant vouloir poursuivre les relations amicales avec Cuba. Il est vrai que les partis communistes chinois et cubain ont renforcé ces dernières années leurs relations, longtemps distantes, et que le président chinois Hu Jintao a fait une visite officielle à Cuba en novembre 2004. Depuis, la Chine est devenue le second partenaire commercial de Cuba derrière le Venezuela, avec près de deux milliards de dollars d'échanges en 2006. Hommage peut-être plus ambigu de la part du chef du Parti communiste russe, Guennadi Ziouganov, qui a estimé que Fidel Castro avait renoncé à la présidence de Cuba en responsable "politique génial", "courageux" et dans "l'intérêt de son pays et de son peuple".
Les "réformes" espérées de Raul Castro
L'Union européenne, peu diserte, a simplement annoncé être prête à chercher une relance des liens diplomatiques avec Cuba. Les liens entre l'UE et Cuba sont en effet gelés depuis l'arrestation en 2003 de 75 opposants cubains, dont un grand nombre avaient été invités dans les ambassades européennes. Mais au sein même de l'UE, certains Etats membres se sont montrés plus enclins au commentaire.
Le renoncement de Fidel Castro à la présidence de Cuba devrait renforcer la capacité de son frère Raul Castro à mettre en place son "projet de réformes", a ainsi estimé la secrétaire d'Etat espagnole pour l'Amérique latine, Trinidad Jimenez. Quant au ministre suédois des affaires étrangères, il a noté : "Même si le changement avec son frère Raul Castro ne signifiera probablement pas de grandes évolutions immédiates, nous espérons que cela contribuera à conduire (le pays) sur la voie de la démocratie".
D'après agence
Retour MYTF1
Chargement en cours...




