Le monde attend une transition démocratique à La Havane

le 19 février 2008 à 13h54 , mis à jour le 19 février 2008 à 17h27

L'UE a réagi mardi au renoncement de Fidel Castro en se disant prête à une relance des liens diplomatiques.

Fidel Castro réapparaît à la télévision le 3 juin 2007Fidel Castro réapparaît à la télévision le 3 juin 2007 © TF1/LCI

L'annonce du renoncement de Fidel Castro, seul dirigeant de Cuba qu'aient connu sept Cubains sur dix, marque incontestablement un tournant historique pour la grande île. La réaction la plus clairement enthousiaste à ce tournant est bien sûr venue... du vieil ennemi américain. "Je vois cela comme une période de transition et cela devrait être un début de transition démocratique pour le peuple cubain", a déclaré depuis le Rwanda George W. Bush, actuellement en tournée africaine. Le président américain a également pressé la communauté internationale de ne pas privilégier la "stabilité" au détriment de la démocratie à Cuba. Pour La Havane, le "premier pas" devrait être la libération des prisonniers politiques, a-t-il ajouté en demandant à la communauté internationale d'aider à la mise sur pied d'institutions démocratiques à Cuba. "Et nous allons aider. Les Etats-Unis aideront le peuple cubain" à construire une démocratie, a affirmé George W. Bush, selon qui "à la fin, cette transition devrait conduire à des élections libres et justes".

Réaction diamétralement opposée en Chine : Pékin a salué mardi "le dirigeant révolutionnaire" Fidel Castro, "vieil ami" de la Chine, indiquant vouloir poursuivre les relations amicales avec Cuba. Il est vrai que les partis communistes chinois et cubain ont renforcé ces dernières années leurs relations, longtemps distantes, et que le président chinois Hu Jintao a fait une visite officielle à Cuba en novembre 2004. Depuis, la Chine est devenue le second partenaire commercial de Cuba derrière le Venezuela, avec près de deux milliards de dollars d'échanges en 2006. Hommage peut-être plus ambigu de la part du chef du Parti communiste russe, Guennadi Ziouganov, qui a estimé que Fidel Castro avait renoncé à la présidence de Cuba en responsable "politique génial", "courageux" et dans "l'intérêt de son pays et de son peuple".

Les "réformes" espérées de Raul Castro

L'Union européenne, peu diserte, a simplement annoncé être prête à chercher une relance des liens diplomatiques avec Cuba. Les liens entre l'UE et Cuba sont en effet gelés depuis l'arrestation en 2003 de 75 opposants cubains, dont un grand nombre avaient été invités dans les ambassades européennes. Mais au sein même de l'UE, certains Etats membres se sont montrés plus enclins au commentaire.

Le renoncement de Fidel Castro à la présidence de Cuba devrait renforcer la capacité de son frère Raul Castro à mettre en place son "projet de réformes", a ainsi estimé la secrétaire d'Etat espagnole pour l'Amérique latine, Trinidad Jimenez. Quant au ministre suédois des affaires étrangères, il a noté : "Même si le changement avec son frère Raul Castro ne signifiera probablement pas de grandes évolutions immédiates, nous espérons que cela contribuera à conduire (le pays) sur la voie de la démocratie".

D'après agence

le 19 février 2008 à 13:54
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7 Commentaires

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  • SAAB, le 21/02/2008 à 18h09

    Ciao Fidel ! Mais... N as tu pas bati en 40 ans une prison ensoleillee paradis pour touristes et enfer pour tes citoyens? quel avenir leur laisse cette succession nepotique? viva la libertad ! ! !

  • Haroun, le 20/02/2008 à 14h24

    Que ceux qui réagissent dans ce forum soient plus sereins dans leur jugement sur la situation à Cuba. Quand un pays (ilôt minuscule) est capable de fournir gratuitement des centaines de medecins au pays en developpement, quand personne ne conteste les bons chiffres sur l'education, quand personne ne denonce la corruption de ses chefs, quand personne ne nie les effets devastateurs de l'embargo dont (curieusement) les poufendeurs de Castro ne parlent pas, alors moi je me demande si ce n'est pas de l'anti-castrisme primaire. Un diplomate me suggerait d'imaginer Cuba sans embargo depuis 40 ans: selon lui, le meilleur endroit au monde car on trouverait tous les bien de consommation, les meilleurs hommes en tout (santé, agriculture, sport, c'est le cas déjà,) Castro serait déjà parti car il y aurait eu egalement "abondance" de grands hommes... Soyons lucides.

  • Michel, le 19/02/2008 à 17h26

    Dieu enrichit l'homme le communisme l'appauvrit.

  • Az, le 19/02/2008 à 17h21

    Moralité : Si CASTRO avait acheté des TGV et esclavagisé son peuple façon chinoise, vous lui lécheriez les pompes aussi.

  • Marcel, le 19/02/2008 à 16h23

    En 2006 les Etats-Unis sont les premiers fournisseur de produits alimentaires a Cuba .

  • JW, le 19/02/2008 à 14h27

    Qui veut de l'aide des E-U pour la démocratie et pourquoi cette obsession démocratique? Que les Cubains gèrent seuls la question de leur régime politique, tout ce qui importe c'est 1°)un Etat de droit et 2°)la garantie des droits fondamentaux

  • Carole, le 19/02/2008 à 14h24

    Après le "lider maximo" (Fidel) les cubains auront le "lider minimo" son frère ! L'Europe s'st montrée peu loquace et elle a eu raison : attendons de voir.

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