Wilber Varela, baron de la drogue colombien retrouvé mort le 1er février 2008Il avait commencé sa carrière comme "simple" tueur à gages il a plus de trente ans. Wilber Varela, l'un des derniers grands barons de la drogue en Colombie, a été assassiné vendredi au Venezuela. Son corps, criblé de balles, a été retrouvé à l'intérieur d'un bungalow dans un complexe touristique de l'Etat vénézuélien de Merida, près de la frontière colombienne. Wilber Varela était inscrit sur la liste des narcotrafiquants les plus recherchés de la DEA, l'agence anti-drogue américaine. Cet ancien policier reconverti en truand avait débuté dans le milieu de la drogue au sein du cartel de Cali des frères Miguel et Gilberto Rodriguez Orejuela, actuellement détenus aux Etats-Unis.
Mais dans les années 1990, des divisions au sein de l'organisation, qui est progressivement supplantée par le cartel du Nord de Valle, dirigé par Orlando Henao, dont Varela devient l'homme de confiance. Surnommé "Jabon" (le savon), il déclare la guerre aux hommes de Cali après l'assassinat de Henao, avant de disputer le contrôle du cartel du Norte de Valle à un autre grand narcotrafiquant, Diego Montoya. Cette lutte fratricide se soldera par des centaines de morts. En 2004, Washington avait réclamé l'extradition des deux hommes.
"Il était devenu un mythe"
Montoya, alias "Don Diego", qui figurait sur la liste des dix personnes les plus recherchées dans le monde par le FBI américain aux côtés d'Oussama ben Laden, avait été capturé par l'armée colombienne en septembre dernier. Selon les autorités, après la disparition des autres gros bonnet de la drogue, le cartel de Varela, allié à la mafia mexicaine, contrôlait 70% du trafic de cocaïne destinée au marché américain. Les Etats-Unis offraient une récompense de 5 millions de dollars pour sa capture.
Dans le but d'échapper à une extradition vers les Etats-Unis, Varela avait tenté de se présenter comme responsable des milices paramilitaires d'extrême droite colombiennes, ce qui lui permettait de bénéficier des mesures d'amnistie proposés par le gouvernement colombien en cas de repentance. Au Venezuela depuis deux ans, le célèbre narcotrafiquant avait la capacité de "changer de physionomie et de s'évader d'endroits impossibles, et il était devenu un mythe", raconte l'écrivain colombien Gustavo Alvarez, expert du dossier de la drogue dans son pays. D'autant qu'à l'inverse d'autres grands chefs de cartel, il n'avait jamais "eu l'ambition des riches qui achètent des actions et étalent leur luxe"...
D'après agence
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