"Obama ne changerait pas la politique étrangère américaine"

Par Propos recueillis par Fabrice AUBERT, le 14 février 2008 à 18h24 , mis à jour le 18 février 2008 à 11h00

Interview - Steven Ekovich, professeur de sciences politiques, estime que s'il était élu, Barack Obama modifierait la forme de la diplomatie américaine, mais pas son fond.

obama discours super mardiBarack Obama, le 5 février 2008 © TF1/LCI

Steven R. Ekovich est professeur de sciences politiques à l'Université américaine de Paris.
 

LCI.fr : La politique étrangère est-elle un enjeu de taille pour ces primaires démocrates ?
Steven R. Ekovichsteven ekovich : Non, pas réellement. L'Irak est en effet sorti de la campagne. Les démocrates savent que les gens sont un peu fatigués du sujet et ils sont confrontés à l'amélioration de la situation sur place. Cela devrait être aussi le cas pour l'élection générale sauf si Bush prépare une "surprise d'octobre", en annonçant un retrait des troupes d'Irak ou "faire un coup" sur le plan diplomatique afin d'aide le candidat républicain.
 
 
LCI.fr : En Europe et dans le monde, où il est souvent perçu comme une colombe, Barack Obama est très populaire. S'il était élu, en quoi changerait-il la politique étrangère des Etats-Unis ?
S.E. : Justement, c'est bien là le problème : sur le fond, il ne changerait pas fondamentalement  la politique menée par ses prédécesseurs (ndlr : Obama a par exemple annoncé qu'il n'hésiterait pas à bombarder les zones tribales pakistanaises sans l'accord d'Islamabad pour y débusquer des terroristes). Pour une simple raison : la confrontation entre ses souhaits et la réalité. Il a ainsi affirmé qu'il retirerait les troupes d'Irak. Mais les généraux  s'y opposeront avec un argument de poids :  "la situation va mieux. Mais si les Etats-Unis quittent l'Irak, alors on reviendra en arrière". S'il maintenait néanmoins un départ, il ferait alors preuve de naïveté. 

 
LCI.fr : Pourtant, il mène bel et bien campagne sur cet argument du retrait d'Irak.

"Obama
est hypocrite
sur l'Irak"
Steven Ekovich

S.E. : C'est d'ailleurs un peu hypocrite de sa part. Evidemment le discours plaît, mais la réalité géostratégique est différente. Ce n'est d'ailleurs pas la première fois qu'un candidat agit ainsi en matière de politique étrangère.

Lors de sa victoire en 1951, Eisenhower avait par exemple fait campagne en promettant de libérer les peuples d'Europe de l'Est de l'oppression communiste. Une fois à la Maison-Blanche, il avait abandonné cette promesse pour se contenter de la stratégie de l'endiguement. 

 
LCI.fr : Sur la forme, une présidence Obama serait-elle néanmoins différente de la présidence Bush ?
S.E. : Tout à fait. Là, ce serait un vrai et grand changement car le style et la forme sont très importantes, presque autant que le fond. Avec Bush, on a atteint ce qu'il y avait de pire. Or d'une manière générale, le monde veut aimer les Etats-Unis. Avec Bush, c'était impossible. Avec Obama, ce serait possible, tout comme avec Clinton et même McCain d'ailleurs, car lui aussi est de fait un candidat anti-Bush. 

 
LCI.fr : Obama travaille très bien cette image.
"La diplomatie,
c'est aussi
de la
communication"
Steven Ekovich
S.E. :
Oui. Il se veut à l'écoute, modeste et entend montrer qu'il abordera de manière différente les problèmes avant d'employer la force. Il a compris que la diplomatie, c'est aussi de la communication. Sur ce terrain, il a pris l'avantage sur Clinton, c'est certain. Cela peut lui servir pour les primaires auprès des électeurs qui veulent redresser l'image des Etats-Unis dans le monde. Mais cela reste néanmoins très marginal. 
 
Il faut noter que les électeurs américains englobent aussi la solidité d'un candidat dans la question de l'image. Alors même si Obama est effectivement séduisant, beaucoup se demandent s'il tiendra le coup lors d'une crise majeure. Sur ce point, Clinton est mieux placée que lui pour les primaires. Mais pour novembre, John McCain est le mieux armé de tous puisque en raison de son passé de prisonnier de guerre au Vietnam, on sait qu'il sera solide.

 

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Par Propos recueillis par Fabrice AUBERT le 14 février 2008 à 18:24
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20 Commentaires

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  • Gaetane, le 19/02/2008 à 21h24

    Je crois qu'on a compris que ce monsieur est anti Obama

  • Gissinger Yves, le 18/02/2008 à 21h43

    Il semble impossible de faire de l'information impartiale en France, à quand les faits complets et sans les commentaires de soit disants spécialistes?

  • Leloup, le 18/02/2008 à 21h36

    Le slogan de Obama, "CHANGE" n'est qu'un slogan publicitaire, malheureusement... Son conseiller pour la politique etrangere n'est autre que Zbigniew Brzezinski, le faucon des annees 70-80 qui prone la suprematie americaine sur la scène mondiale à tout prix...verifiez... Pas tres "Change"...

  • Arsene, le 18/02/2008 à 21h31

    Obama :To change or not to change?

  • Liliane, le 18/02/2008 à 20h50

    Foutons leur la paix ! c'est leur vote, c'est leur avenir ! et on est mal placés pour donner des conseils ! les conseilleurs ne sont pas les payeurs. De la meme manière que lorsque des étrangers nous disent comment voter, c'est aussi indécent !

  • Aissa, le 18/02/2008 à 20h07

    Faites attention a votre titre messieurs led journalistes de TF1. Je me baladais sur votre site et ce titre prete vraiment a confusion surtout lorsque l'on sait que Barack Obama a toujours ete contre la guerre en Irak et l'a toujours expressement clame, ce qui n'est pas le cas de Madame Clinton.

  • Kal, le 18/02/2008 à 18h04

    Mr.Steven Ekovich soyez réaliste et osez dire qu'obama et un espoire pour l'amerique et le monde on dirait que vous ne suivez pas la campagne et vous donnez votre avis juste parceque vous supportez H.Cliton, et le titre et a revoir lci!!!!!!!!!!!!!!

  • MICHEL, le 18/02/2008 à 16h37

    Ou les Etats Unis ont quelques longueurs sur l'évolution des mentalités, et Obama arrive jusqu'au bout, ou il trace la sillon de Mc CAIN? UN Noir de famille Musulmane, si on veur rattraper les US, il nous faut au moins un Président GAY, et puis on dit en States " Washington vaut bien une Messe"

  • Charlotte, le 18/02/2008 à 15h56

    Du grand n'importe quoi ! Je suis la campagne d'Obama en direct, dicours, interviews, etc, et sur son blog avec ses grassroots. Il ne voit pas le monde de façon bipolaire mais multipolaire, et il a une perception bien plus globale des problèmes internationaux que ne l'a jamais eu aucun président américain. Il en est de même pour ses supporters qui ne veulent plus voir les US jouer le gendarme du monde. Les mentalités ont évolué, n'en déplaise à Steven Ekovich.

  • Knigge, le 18/02/2008 à 15h43

    Cela fait penser à certains "conseils" aux USA qui disent : "ce qu'on demande au président c'est de serrer des mains, le reste on s'en occupe" ...ils ont une autre manière de faire de la politique c'est tout...

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