Hillary Clinton et Barack Obama, le 5 février 2008 © TF1/LCI
Deux semaines de répit. Pour la première fois depuis le début du processus le 3 janvier, aucune primaire n'est programmée d'ici au mardi 4 mars. Le point sur la situation.
QUI SONT DESORMAIS LES FAVORIS ?
- Parti démocrate : après les primaires de ce mardi, Barack Obama est désormais clairement le favori à l'investiture. Le sénateur de l'Illinois a remporté les dix scrutins organisés depuis le "Super-Mardi" du 5 février (cliquez ici pour voir la carte des résultats). Il s'est imposé aux quatre coins du pays, aussi bien sur la côte Est (Maine), la côte Ouest (Washington), le Sud (Floride), le Midwest (Wisconsin). Il continue à faire le plein de voix dans son électorat (Noirs, jeunes et classes aisées), mais s'impose également dans le cœur de cible d'Hillary Clinton (femmes, ouvriers, Blancs). Dans le Wisconsin, seuls les plus de 65 ans sont ainsi restés fidèles à l'ancienne Première dame ce mardi (cliquez ici pour lire notre article).
- Parti républicain : John McCain est déjà virtuellement le candidat. Seul le maintien en course de Mike Huckabee l'a empêché de décrocher officiellement l'investiture.
QUELS ETATS VOTERONT LE 4 MARS ?
Deux gros Etats, le Texas et l'Ohio, et deux Etats de moindre importance, le Vermont et de Rhode Island.
COMBIEN DE DELEGUES SERONT EN JEU ?
- Parti démocrate : 444, dont 228 pour le Texas et 161 pour l'Ohio.
- Parti républicain : 265.
OU EN EST LA COURSE AUX DELEGUES ?
C'est LE chiffre qui compte : celui du nombre de délégués obtenus par les candidats en vue des conventions des deux partis, qui désigneront formellement chacune leur représentant, fin août et début septembre.
- Parti républicain : pour être investi, il faut obtenir une majorité de 1191 délégués. Avec 918 délégués, John McCain devance largement Mike Huckabee, son dernier rival qui n'en obtient que 217. Il faut également de fait ajouter au score du "Mac" le soutien des 286 délégués acquis à Mitt Romney, qui s'est rangé à ses côtés après son retrait. Grâce au mode de scrutin qui donne la totalité des délégués d'un Etat à son vainqueur, McCain devrait donc être officiellement le représentant du parti de l'éléphant le 4 mars.
- Parti démocrate : pour être investi, il faut obtenir une majorité de 2025 délégués. Conséquence logique de ses victoires, Barack Obama a pris les devants face à Hillary Clinton. Selon CNN, il peut compter sur le soutien de 1301 délégués, contre 1239. Mais la situation est rendue très compliquée par la distinction entre "délégués affiliés" et "super-délégués". Les premiers (ils sont 3253) sont issus du vote populaire lors des primaires et sont tenus de voter pour un candidat précis. Les seconds (ils sont 796) sont des cadres du parti (parlementaires, gouverneurs, dirigeants...) et peuvent voter pour qui ils veulent.
CLINTON OU OBAMA PEUVENT-ILS OBTENIR LA MAJORITE DES DELEGUES AFFILIES ?
Leur répartition s'effectuant à la proportionnelle, il est presque impossible désormais de franchir le seuil des 2025. La désignation du représentant du parti de l'âne dépendra donc en partie du choix des "super-délégués". Or ils penchent pour l'instant pour Hillary Clinton, même si ceux qui ont déjà fait leur choix peuvent changer d'avis d'ici à la convention.
"Hillary est très ancienne dans le parti. Elle connaît beaucoup de monde. La plupart des "super-délégués" sont d'ailleurs ses amis. Elle les a soutenus, parfois financièrement, dans le passé lors de leurs campagnes. Il est donc normal qu'ils la préfèrent à Obama, qui est arrivé de nulle part", explique Constance Bordes, vice-président de Democrats abroad France, la structure du parti dans l'Hexagone. Elle-même "super-déléguée", elle a pris position pour Barack Obama. "A titre personnel, j'estime néanmoins qu"un super-délégué doit suivre le vote populaire. Je n'hésiterai donc pas à changer d'avis et à voter pour Clinton si elle arrive en tête à la fin des primaires", ajoute-t-elle.
Le pire scénario pour les démocrates serait que Barack Obama arrive en tête des primaires mais que les "super-délégués" fassent pencher la balance pour Clinton à la convention. D'où l'intérêt que les prochains scrutins dégagent un net vainqueur, quel qu'il soit, pour pousser le perdant à se retirer ou du moins à faciliter le choix des "super-délégués".
QUE PEUT-IL SE PASSER LE 4 MARS COTE DEMOCRATE ?
Une chose est sûre : une défaite est interdite pour Hillary Clinton au Texas ou en Ohio. Elle doit absolument l'emporter dans ces deux Etats, et si possible avec l'écart le plus grand possible.
A priori, leur composition raciale et sociologique favorise l'ancienne Première dame. Les Hispaniques, acquis à sa cause, représentent plus de 35% de la population texane (contre 15% pour l'ensemble du pays). Et l'Ohio est un Etat industriel qui pourrait lui permettre de rallier le vote des ouvriers. Pour l'instant, les sondages -réalisés avant les primaires de ce mardi- lui donnent l'avantage dans les deux Etats, avec une marge assez conséquente, mais qui tend néanmoins à se réduire.
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